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#217 : Une chambre sous le toit

Lucy est invitée à manger une pizza avec deux amies rebelles. Ensuite, elle s'en veut pour le tragique accident qui a couté la vie à l'une d'elles et envoyé l'autre à l'hopital. Aprés la mort de l'amie de Lucy, toute la famille la soutient, et remarque son comportement distant. Mary fait une faveur à son ex-petit ami Wilson en gardant Billy pour qu'il puisse aller à une soirée. Simon a enfin sa propre chambre et Matt déménage au grenier. 

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Au lycée

 

Lucy : Il parait que Maggie a rompu avec Michael.

Copine : Non, en fait c’est lui qui l’a plaqué.

Lucy : Je le trouve assez mignon.

Copine : Alors vas-y, il est libre maintenant.

Lucy : Oh tu parles, pour Michael je suis invisible. Et puis c’est pas mon genre d’abord.

Copine : Il parait qu’il t’aime bien.

Lucy : Quoi ?

Copine : Je t’ai eu …

Lucy : Arrêtes de me faire marcher.

 

Copine : C’est pas ton genre, hein ? Mon œil ! Tiens, voila ma frangine.

Lucy : Sarah m’a montré ta nouvelle voiture, je la trouve splendide.

Sœur de Sarah : Oui, c’est un petit bijou. Mes parents me l’ont offerte pour mon anniversaire.

Lucy : Elle est superbe.

Sœur de Sarah : Sarah et moi, on va faire un tour chez Pete’s pizza ce soir, tu veux allez avec nous ?

Lucy : Vraiment ? Je peux aller avec vous ?

Sœur de Sarah : Bien sur, tous les amis de Sarah sont mes amis.

Sarah : Peut-être que Jen te laissera conduire.

Jen : Je t’avais dis de le garder pour toi, c’est notre secret. Tu ne veux pas qu’on se fasse pincer, non ?

Sarah : Jen accepte de me laisser conduire parfois.

Jen : Quand il n’y a pas de danger, dans des parkings, des petites rues, jamais au milieu du trafic.

Lucy : Tu veux dire que tu sais déjà conduire ?

Jen : Oui, d’ailleurs elle est assez douée. Elle saura tout avant d’avoir eu sa première leçon.

Sarah : Est-ce que Matt te laisse le volant quelques fois ?

Lucy : Oh, penses-tu ! Il ne le fera jamais. Et même si ma sœur Mary avait le permis, elle me laisserait pas conduire non plus. Ils me font pas assez confiance pour ça. Ils me prennent pour une gamine.

Jen : Peut-être qu’un jour je te donnerais une leçon de conduite.

Lucy : Oh ça serait formidable ! 

Jen : Bon, eh bien, on passe te prendre vers sept heures.

Lucy : Je vais devoir demander à mes parents d’abord, mais je suis sure qu’ils seront d’accord.

Jen : Si ça peut faciliter les choses, on invitera Mary. Evidemment, je ne la connais pas très bien, mais ça peut-être sympa. 2 sœurs et 2 sœurs qui font une virée le vendredi soir. Qui sait ? Après tout peut-être qu’on rencontrera 2 frères et 2 frères.

Sarah : Oh, ça serait amusant tu crois pas ?

Lucy : Bon, je vous appelle dès que je suis chez moi.

Jen : D’accord.

Sarah : Alors à tout à l’heure.

Toutes les 3 : Salut.

 

Mary : Mais où est-ce que tu étais passée ? Matt et moi, on te cherche partout.

Lucy : Je parlais seulement avec Sarah et sa sœur, c’est tout.

Mary : Ben, préviens la prochaine fois, comme ça, on n’attendra pas dans la voiture pour rien.  

Lucy : Excuse-moi. Oh, qu’est-ce que tu dirais d’aller manger une pizza avec Sarah et sa sœur ce soir ?

Mary : Je dis non, je ne les connais ni l’une, ni l’autre.

Lucy : Elles sont très sympa et Jen a eu son permis de conduire il y a quelques semaines.

Mary : Et tu penses que Maman et Papa vont te laisser aller avec elle ?

Lucy : Je pensais que si tu voulais y aller avec moi, ils accepteraient.

Mary : Eh bien, désolée je n’irai pas alors oublie tout ça.

Lucy : Même s’ils ne veulent pas me donner la permission, j’irai !

Mary : Alors là, jeune rebelle, tu as droit de rêver.

 

GENERIQUE

 

Dans la cuisine des Camden

 

Annie : Ca c’est papa et maman. Ca s’est Matt. Et voici Mary, Lucy, Simon, Ruthie et Happy.

Lucy : S’il te plait, s’il te plait maman.

Annie : Non, Lucy, je suis vraiment désolée, je ne connais pas ces filles.

Lucy : Mais enfin, c’est pas une raison.

Ruthie : T’as vu elle te ressemble.

Lucy : Je te les présenterai dès qu’elles seront là, comme ça tu les connaitras et on pourra sortir ensemble.

Annie : Tu as raison, je pourrais faire la connaissance de Sarah et Jen et je serai peut-être d’accord pour que tu sortes avec elles, mais je ne veux pas que tu montes dans leur voiture. Tu m’as compris ?

Ruthie : Ca c’est moi et ça c’est Simon.

Lucy : Jen est une fille extrêmement responsable, elle est vraiment sympa tu sais. C’est elle qui m’a invité, c’est pas Sarah. Elle dit qu’elle considère tous les amis de Sarah comme ses propres amis. Elle est plus gentille avec Sarah que Mary ne l’est avec moi, hein. Je t’assure, elles s’entendent à merveille, on dirait des jumelles, elles font un tas de choses ensemble et elles veulent me faire participer.

 

Simon : Qu’est-ce que tu as fait à mon volcan ? Maman, elle a fait tomber mon volcan par terre et il est fichu. Mon devoir de science doit être présenté lundi. Tu sais le temps qu’il faut pour faire du papier mâché ? C’est vrai, c’est toi qui l’as fait.

Annie : Pourquoi tu as fait tomber son volcan ?

Ruthie : Je l’ai poussé un tout petit peu, mais je ne l’ai pas fait exprès, j’avais besoin de place pour notre maison.

Simon : Si, tu l’as fait exprès, avoue-le.

Lucy : Excuse-moi Simon, Mais j’essaie d’avoir une conversation sérieuse. Ton histoire de volcan peut pas attendre 5 minutes ?

Simon : Non, ça ne peu pas parce que j’étais en avance et maintenant je vais être en retard parce que je vais devoir recommencer depuis le début.

Annie : Je regarderai, ce n’est peut-être pas si dramatique que tu crois.

Simon : Je n’exagère pas, tu verras.

Annie : Tu viens avec moi, jeune fille.

Lucy : Maman ? Et si Mary y va avec moi ?

Annie : Attends une minute, je vais y réfléchir.

Mary : Je t’ai déjà répondu que non.

Lucy : Bon allez, on fait un marché, si tu dis oui, je te rendrai tous les services que tu me demanderas pendant une semaine.

Mary : Hum ...

Lucy : Deux semaines.

Mary : Fff …

Lucy : Un mois entier.

Mary : Bon, d’accord, 1 mois, marché conclu.

 

Dans la chambre de Simon et Ruthie

 

Simon : Tu vois, il est complètement fichu.

Annie : Non, non, on peut le réparer, on va découper de nouvelles bandes de papier pour recoller le morceau, puis on repeindra et on le refixera sur le socle.

Simon : Ah oui, c’est tout ? Je vais devoir y passer tout le week-end et ça c’est par ta faute.

Ruthie : Mais on n’avait besoin d’un petit endroit pour vivre.

Annie : Ruthie, tu aurais du demander à ton frère si tu pouvais déplacer sa maquette.

Ruthie : Mais on lui a demandé maman, c’est vrai tu sais.

Simon : Arrête de parler avec cette voix de marionnette, ça me casse les oreilles.

Annie : Est-ce qu’elle t’a demandé, oui ou non si tu pouvais déplacer ton volcan ?

Simon : Peut-être mais je n’avais pas d’autre endroit où le mettre.

Annie : Je crois qu’il est temps qu’on aménage une chambre pour Simon dans le grenier.

Simon : Tant mieux pour moi.

Ruthie : Tant mieux pour nous aussi.

 

Dans la cuisine

 

Lucy : Oh, ça serait vraiment sympa deux sœurs qui sortent avec deux autres sœurs et peut-etre qu’on rencontrera deux frères avec deux autres frères. J’aurais mieux fait de ne pas parler de cette histoire de frères. Bon d’accord, mais ça n’arrivera pas de toute façon. Mary et moi, nous avons besoin de nous faire des amies et tu sais, je suis sûre que tu les trouveras sympathiques ; elles sont gentilles, c’est incroyable comme elles s’adorent, elles sortent tout le temps ensemble et …

Eric : Quel âge a celle qui va conduire ?

Mary : 16 ans, elle vient d’avoir son permis.

Eric : C’est pas une bonne idée.

Annie : Est-ce que vous parlez de la voiture et des deux sœurs ?

Lucy : Mais maman, Mary est d’accord pour venir.

Annie : Ca te surprendra peut-être, mais je tiens à Mary autant qu’à toi et je ne veux pas vous laisser monter dans une voiture conduite par une fille que je ne connais pas et qui vient d’avoir le permis. Si papa est d’accord, vous pouvez retrouver ces filles pour manger une pizza, mais ce sera lui, ou bien Matt, ou moi qui vous y conduiront et qui vous ramèneront.

Lucy : C’est mieux que de rester ici.

 

Le téléphone sonne.

 

Eric : Allô ? Tiens, ça par exemple, ça fait une eternité qu’on a plus de nouvelles. Comment allez-vous toi et Billy?

Mary : Wilson ? C’est Wilson ? Il veut me parler ?

Eric : Mary ? Une petite seconde Wilson, je vais voir si elle est là. Es-tu là, c’est Wilson ?  

Mary : Je le prends dans ma chambre.

Eric : Je ne la vois pas, je vais voir où elle est passée. Ne quitte pas. C’est bon ou pas ?

 

Dans la chambre de Lucy et Mary

 

Mary : Allô ? Oh, salut Wilson.

Lucy : Wilson ? Tu as des projets pour ce soir ?

Wilson : Excuse-moi de t’appeler à la dernière minute.

Mary : Ca ne fait rien.

Wilson : Mes parents sont en voyage en ce moment.

Mary : Ah oui, où exactement ?

Wilson : Ma grand-mère est malade et ils ont du aller la voir à Chicago. Et il se trouve que j’avais prévu d’aller à une soirée dansante, un bal organisé par les classes de terminale. Et je me demandais si on était assez bons amis pour que tu acceptes de garder Billy ? Je ne voudrais pas décevoir ma copine, elle a dépensé beaucoup d’argent pour sa robe et tout le reste.

 

Lucy : Qu’est-ce qu’il veut ?

 

Mary : Mais la mère de ta copine ne peut pas le garder ?

Wilson : Le problème c’est qu’elle ne sait pas que Billy existe. Et même si elle le savait, Billy ne la connaît pas.

Mary : Bon d’accord.

Wilson : Tu veux dire que tu veux bien ?

Mary : Oui, je veux bien. Comptes sur moi.

Wilson : C’est super, tu me rends un immense service, je ne savais pas à qui le demander. Il y a peu de gens à qui j’aimerais confier mon fils.

Mary : A quelle heure tu veux que je sois là ?

Wilson : L’idéal se serait 7 heures, je reviendrai vers minuit.

Mary : D’accord, bye.

 

Lucy : Tu ne vas pas me laisser tomber ? Dis-moi que tu ne vas pas me laisser tomber.

Mary : Il le faut. Wilson me demande de garder Billy.

Lucy : Je peux pas le croire, je ne peux pas croire que ma propre sœur me trahisse d’une façon pareille.

Mary : Je t’accompagnerai un autre soir, je te le promets.

Lucy : Non, merci. Tu sais très bien que les parents ne me laisseront pas sortir ce soir. Jen n’aurait  jamais fait ça à Sarah.

 

Matt : Oh la, oh la, où est-ce que tu vas aussi vite ?

Lucy : Mary est une idiote. Une idiote et une lâcheuse. Elle m’avait promis de venir avec moi pour passer la soirée avec Sarah et sa sœur, mais maintenant elle va garder le fils de Wilson, ce qui veut dire que ma soirée tombe complètement à l’eau, tout ça parce que Mary est une lâcheuse.

Matt : Et vous deviez aller où ?

Lucy : On devait retrouver mes deux copines à Pete’s pizza, un point c’est tout. C’était tout ce que je demandais, mais non.

Matt : Oh, mais c’est pas grave, je t’amène et je te ramène après, c’est pas la mort.

Lucy : Si c’est la mort, justement, parce que maman et papa ne me laisseront pas passer toute une soirée dans une pizzeria si mon adorable grande sœur n’est pas là pour me chaperonner.

Matt : Ne t’en fais pas pour ça, je vais leur parler.

Lucy : Tu ferais ça ? C’est vrai ?

Matt : Bien sûr, j’en fais mon affaire.

 

Dans la cuisine

 

Eric : Je l’aimais bien Wilson.

Annie : Moi aussi je l’aimais bien. Je ne serais pas fâchée de les revoir à nouveau ensemble. Bien sûr, il faut tenir compte que même si c’est un garçon très sérieux, il a déjà un enfant.

Eric : Ouais, mais c’est un père responsable et ça, ça me plait.

 

Matt : Pas la peine de jouer les marieurs. Wilson a juste besoin de Mary pour garder Billy.

Annie : Non, Mary sera avec Lucy et ses amies pendant toute la soirée.

Matt : Je peux emmener Lucy retrouver ses amies et la ramener après. J’ai un papier à faire pour lundi et je dois aller à la bibliothèque. Je travaillerai pendant qu’elle mangera. Quelle bêtise peut-elle faire en mangeant une pizza ?

Annie : C’est ce que je me demande.

Eric : Après tout il va bien falloir que nous commencions à lui accorder un peu d’indépendance, un jour ou l’autre.

Matt : Tranquillisez-vous, si ça présente vraiment un gros risque, j’en prends la responsabilité.

Annie : Pourquoi ?

Matt : J’ai eu aussi 14 ans, je sais ce que c’est.

 

Dans la chambre de Ruthie et Simon

 

Simon : C’est super, c’est formidable, le même week-end, je dois déménager et faire mon projet de science.

Ruthie : Dommage.

Simon : Si tu m’avais laissé déménager cet été, ça ne se serait pas passé comme ça. Voila comment je suis remercier d’avoir eu la bonté de te laisser un peu de temps pour que tu te fasses à cette idée.

Ruthie : Et ça va maintenant, je le suis.

Simon : Arrêtes de couiner comme ça.

Ruthie : Hé, hé, hé … hi, hi, hi …

 

Dans la chambre de Mary et Lucy

 

Matt : C’est d’accord.

Lucy : J’ai la permission ?

Matt : Oui

Lucy : Oh, Matt, merci, merci, merci, tu es le meilleur de tous les grands frères.

Matt : Il faudra qu’on dépose Mary chez Wilson donc je te laisserai là-bas aux environs de 7h15 et je viens te chercher à 9h.

Lucy : Parfait.

 

Au téléphone

 

Sarah : Oui, Allô ?

Lucy : Allô Sarah ? C’est Lucy. Bon alors voila ce qu’il se passe, je peux y aller, mais je vais devoir vous y retrouver ; mes parents ne veulent pas m’emmener et c’est Matt qui va me déposer là-bas et il reviendra me chercher.

Sarah : Oh, c’est trop bête ça parce qu’on ne veut plus aller à la pizzeria, on a décidé d’aller manger des hamburgers dans un drive-in super, c’est à 15 bornes d’ici, mais ça vaut la peine. Il y a un tas d’élèves d’autres lycées qui ont l’habitude de s’y retrouver.

 

Jen : Qu’est-ce qu’il se passe ?

Sarah : Matt va déposer Lucy à la pizzeria et il va la ramener.

Jen : Ca ne fait rien Lucy, on passera te prendre devant la pizzeria et on t’y laissera avant que Matt ne revienne te chercher. Personne ne le saura.

Lucy : Oui, personne ne le saura. Ben, rendez-vous là-bas à 19h15 alors.

Jen : Moui, ça marche.

Lucy : Salut.

 

Chez Wilson

 

Mary sonne.

 

Wilson : J’arrive. Salut. Entre Mary.

Billy : Mary.

Wilson : Tu te souviens de Mary ?

Billy : Oui.

Wilson : Elle va jouer avec toi un petit moment pendant que papa sera parti. Je suis très content de te revoir.

Mary : Moi aussi je suis contente de te revoir.

Wilson : Encore une fois, tu me rends un très grand service.

Mary : Oh, je ne fais pas ça pour toi, je le fais uniquement pour Billy ! Salut Billy, comment ça va ? Oh, tu es un grand garçon maintenant.

Wilson : Ca te va bien de porter Billy, tu sais.

Mary : Et toi, c’est le smoking qui te va bien.

Wilson : Merci. Bon, allez, il faut que je te laisse. Tu seras sage Billy, je n’en ai pas pour longtemps. Amusez-vous bien. Bonne soirée.

Billy : Papa.

Mary : Billy, toi et moi on va passer une soirée formidable, hein, Billy ?

 

Devant la pizzeria

 

Jen : Qu’est-ce qu’on a dit à Lucy ? 7 h00 ou 7h30 ?

Sarah : Je sais plus.

Jen : Bon, il est 7h15 et on a besoin d’essence.

Sarah : Je crois qu’on lui a dit 7h.

Jen : Oui, bien, on devrait aller chercher de l’essence et puis on repassera prendre Lucy. Après tout, si on est en retard, elle ne peut aller nulle part. Et ça ne prendra que 2 minutes.

Sarah : Ouais, tu as raison. Tu me passeras le volant au retour ?

 

Matt : Attends une minute. 9 heures. Et dis à tes amies d’attendre avec toi à l’intérieur, je ne veux pas que tu restes seule ici.

Lucy : Tout ira bien, ne te fais pas de souci. Je ne suis plus une gamine, Matt.

Matt : J’ai dit que je ne voulais pas que tu restes seule ici. Attends-les à l’intérieur. Va réserver une table, c’est difficile d’avoir une table ici le vendredi soir. Tu veux que je vienne avec toi ?

Lucy : Non, je veux pas. Merci de m’avoir amenée. A tout à l’heure.

 

Dans le grenier

 

Simon : Ca sera génial. Ca sera génial sauf que je vais devoir descendre jusqu’en bas dans le noir, pour aller aux toilettes.

Annie : Hé.

Simon : Ce n’est pas seulement pour moi, c’est aussi pour Happy, elle me suit toujours partout et c’est fatigant pour elle, avec ses petites pattes de marcher autant.

Annie : Oui, sans doute, mais vois le bon côté des choses, il y a beaucoup de places ici et puis tu seras tranquille.

Simon : Ouais, très tranquille même. Je serais complètement isolé du reste de la famille.

 

Eric : C’est Mary, elle veut te parler.

Simon : Je suis si loin que je n’entends même pas le téléphone.

 

Annie : Allô ? Quoi ? Je ne t’entends pas, parles plus fort. Tu peux parler plus fort ? Il pleure ? Oh, c’est pas grave, il doit faire ses dents. Regarde dans le congélateur, il n’y a pas de bâtonnets ?  De bâtonnets glacés ?

Mary : Il y en a. Eh Billy, tu veux un petit bâtonnet glacé ? Billy ? Il faut que je raccroche. Billy ? Eh Billy, tu viens Billy, tu viens dans mes bras ?

Billy : Non.

Mary : Billy, tu veux me donner ça s’il te plaît ?

Billy : Non.

Mary : Ne pleure pas, s’il te plaît, ne pleure pas.

 

Chambre de Simon et Ruthie

 

Simon : Je peux savoir ce que tu fabriques là-haut ?

Ruthie : Moi et mes loyaux sujets nous dormons dans le lit du haut à partir de maintenant.

Simon : De quels loyaux sujets tu parles ?

Ruthie : De nous tous, voyons.

Simon : Attends, je ne suis pas encore parti, c’est toujours mon lit.

Ruthie : Peut-être, mais quand tu seras parti, ce sera à moi.

Simon : Détrompes-toi. Maman et papa vont descendre les lits jumeaux et je prendrais ce lit avec moi au grenier.

Ruthie : Je ne crois pas. Maman te donnera un vieux truc minable.

 

Dans le grenier

 

Annie : J’ai du mal à croire que ça fait si longtemps que nous vivons dans cette maison. Matt était bébé quand nous avons emménagé.

Eric : Et maintenant, il s’apprête à partir pour aller étudier ailleurs.

Annie : J’espère que non.

Eric : Tu espères que non ?

Annie : Ouais, j’aimerais bien qu’il envisage d’étudier dans une université locale et rester à la maison.

Eric : Tu sais Annie, il n’aura peut-être pas le choix.

Annie : Je crois que je ne suis pas encore prête à le voir partir. Je ne suis pas prête à laisser Mary passer le permis. Je ne suis pas prête à laisser Lucy sortir en voiture avec ses petites camarades.

Eric : Et ses petits camarades alors ?

 

Dans le couloir du 1er

 

Matt : Où sont les parents ?

Simon : Dans le grenier. Et pourquoi tu prends pas le grenier et moi ta chambre ?

Matt : D’accord.

Simon : Demande et tu recevras.

 

Dans le grenier

 

Annie : Quoi ?

Eric : Qu’est-ce qu’il y a ?

Matt : En arrivant à la bibliothèque, un type m’a dit qu’il avait vu un horrible accident. Il a vu l’ami de Lucy, Jen partir dans une ambulance.

Annie : Oh mon dieu.

Matt : Il n’a pas vu Sarah, mais la voiture s’est écrasée contre un poteau.

Eric : Et Lucy ?

Matt : Je suis retourné à la pizzeria pour prendre Lucy, mais la circulation était complètement bloquée, j’ai même pas réussi à m’engager dans la rue. Je me suis arrêté et j’ai téléphoné à la pizzeria, ils ne l’ont pas vu, ils l’ont appelé et elle n’a pas répondu.

Annie : Pourvu qu’elle n’ait pas été dans la voiture.  

 

Au R-D-C

 

On sonne à la porte.

 

Eric : Oh.

Sergent Michaels : Eric, je suis content que vous soyez là, j’ai besoin d’un coup de main. Il vient d’avoir un accident.

Eric : Dites-moi que ce n’est pas Lucy.

Sergent Michaels : Non. Mais c’est une fille qui fréquente le même lycée qu’elle. La voiture a violemment heurté un poteau téléphonique. Une des filles a été tuée sur le coup. L’autre a survécu, mais elle est dans un état grave. Elle dit que sa sœur a simplement voulu éviter un enfant qui était en train de traverser.

Eric : Comment s’appelle ces deux filles ?

Sergent Michaels : Sarah et Jennifer Foster.

Eric : Et laquelle ?

Sergent Michaels : Sarah. Elle avait seulement 14 ans. Je vais avoir du mal à annoncer la nouvelle à ses parents. Si vous voulez bien venir avec moi.

Eric : Oui, oui, bien sûr.

Sergent Michaels : Merci. A l’evidence Jennifer avait passé le volant à sa sœur au moment où l’accident s’est produit.

Matt : Et vous êtes sûr que Lucy n’était pas avec elles ?

Sergent Michaels : Il n’y a pas de doute.

Eric : Préviens ta mère, dis lui que je vais avec le sergent Michaels.

 

Chez Wilson

 

Mary : Dis Billy, il se fait tard, il faudrait aller faire dodo, maintenant.

Billy : Non.

Mary : S’il te plaît, sois gentil Billy.

Billy : Non.

 

Wilson : Bonsoir.

Mary : Ah, Wilson, je m’apprêtais justement à mettre Billy au lit.

Wilson : Ouais, c’est ce que je vois.

Billy : Papa.

Wilson : Alors Bout’ Chou ? Qu’est-ce que tu racontes ? Pourquoi tu n’es pas au lit ? Tu n’as pas été gentil avec Mary ?

Billy : Non.

Wilson : C’est vrai ?

Mary : Oh, plus ou moins, mais tu sais, j’ai des frères et sœurs et ça ne s’est pas si mal passé.

Wilson : Mmh, mmh.

Mary : Pourquoi tu rentres aussi tôt ? Ne me dis pas que tu es venu voir que tout se passait bien parce que tu sais, j’aurais pu mettre Billy au lit. Je t’assure.

Wilson : Je ne suis pas venu te surveiller. La soirée n’était pas formidable.

Mary : Oh.

Wilson : Je ne peux pas sortir avec une fille, si je ne peux pas être franc avec elle et si je ne peux pas parler de Billy à ses parents, ça ne marchera pas entre elle et moi. J’aurais dû y penser avant de l’emmener au bal.

Mary : Alors tu la ramenais à 9 heures chez elle, un soir de bal ?

Wilson : Non, elle est restée. C’est une école de garçons. Oh, elle ne doit pas s’ennuyer.

Mary : Tu as dit que ça ne pouvais pas marcher et tu es parti ?

Wilson : Non, j’ai dit que la baby-sitter m’avait appelé et que je devais partir.

Mary : Quel poltron.

Wilson : Un ami m’a promis de la ramener chez elle. Tu m’attends une seconde, je reviens tout de suite.

Mary : Ouais.
Wilson : Allez fiston, au dodo.

 

Devant la pizzeria

 

Lucy : Euh, je vais tout t’expliquer maman.

Annie : Ca ne sera pas nécessaire chérie.

Lucy : Je te promets que je ne ferai plus jamais une chose pareille.  

Annie : De quoi tu parles ?

Lucy : Sarah et Jen devaient passer me prendre ici parce qu’elles ne voulaient plus aller à la pizzeria, on devait aller manger un hamburger. Mais elles ne sont pas venues. Elles n’ont peut-être pas pu approcher, il parait qu’il y a eu un grave accident et je ne voulais pas attendre devant la pizzeria parce que je ne voulais pas avoir à commander une pizza entière pour moi toute seule et les attendre alors j’ai traversé la rue. Quoi ?

Annie : Lucy, cet accident.

Lucy : C’est pas mes amies. Dis-moi que ce n’est pas elles, maman, s’il te plaît.

Annie : Je suis navrée ma chérie, Sarah est morte sur le coup et Jen est à l’hôpital dans un état grave. Je suis désolée. Je suis vraiment, vraiment désolée. Je suis si heureuse que ça ne soit pas toi.

 

Dans les escaliers

 

Simon : Pff, pouah … Tu ne regretteras pas, c’est sûr ? Le grenier n’est pas très pratique.

Matt : Je serai surement en fac l’automne prochain, alors ça n’a pas d’importance.

Simon : Pourquoi tu te montres si arrangeant pour ça ? Tu n’as jamais voulu du grenier jusqu’à présent.

Matt : Je ne voulais pas occuper la pièce la plus grande alors que je vais peut-être bientôt quitter la maison. Et puis je pensais que tu voulais t’y installer.

Simon : Non, je voulais simplement changer. SI j’avais su que tu étais prêt à quitter ta chambre, j’aurais posé ma candidature depuis longtemps. Alors, tu es sûr ?

Matt : Oui, je suis sûr.

Simon : Tu es vraiment sûr ?

Matt : Tu es sourd ou quoi ? Je te dis que je suis sûr.

Simon : Alors pourquoi tu es fâché contre moi ?

Matt : Je suis pas fâché contre toi, mais contre Lucy.

Simon : Pourquoi ?

Matt : Demain. Va te coucher.

Simon : Dans ma chambre, dans le grenier ou dans ma nouvelle chambre ? En ce moment, j’en ai pas mal.

Matt : Dans ta nouvelle chambre si tu veux.

Simon : Tu veux dire ton ancienne chambre ?

Matt : Oui, je prendrai un sac de couchage dans le grenier.

Simon : Super. Merci.

 

Chez Wilson

 

Wilson : Alors ? Tu vois quelqu’un en ce moment ?

Mary : Il m’arrive de sortir, si c’est ce que tu veux savoir.

Wilson : En fait, j’aimerai savoir si tu sors avec un seul garçon ou des tas de garçons.

Mary : Des tas de garçons. Mais un à la fois.

Wilson : Moi c’est pareil. Heu, je veux dire des tas de filles.

Mary : Oui. Je devrais appeler à la maison pour voir si quelqu’un ne pourrait pas passer me prendre, comme tu es rentré plus tôt.

Wilson : Je te ramènerai bien, mais …

Mary : Non, non, bien sûr je comprends, tu ne peux pas laisser Billy.

Wilson : Oh, j’allais oublier, il faudrait que je pense à te dédommager.

Mary : Je suis ton amie, je ne vais pas te faire payer.

Wilson : J’aurais payé n’importe qui pour ça.

Mary : Oui, eh bien, je ne suis pas n’importe qui. Et même si je n’ai plus autant d’importance à tes yeux maintenant, j’espère en avoir eu autrefois.

 

Dans la voiture du sergent Michaels

 

Sergent Michaels : Les voilà. Vous êtes prêts ?

Eric : Je ne suis jamais prêt pour ce genre de choses.

 

Sergent Michaels : Monsieur et Madame Foster ?

Madame Foster : Oui, que puis-je pour vous ?

Sergent Michaels : Je suis le sergent Michaels et voilà le révérend Eric Camden.

Eric : J’ai une terrible nouvelle a vous annoncer.

 

Dans la cuisine


Annie : Ca va chéri ?

Eric : Of, ça peut aller. J’aurai aimé convaincre Lucy d’assister aux obsèques. Il y avait énormément d’enfants présents. Ça aurait pu l’aider.

Annie : Je m’apprêtais à lui monter son déjeuner, mais je me sens si désemparée. Elle refuse de parler à qui que se soit de ce qu’il s’est passé.

Eric : Je sais que chacun réagit à sa façon, mais je ne supporte pas de voir Lucy comme ça, je ne la reconnais pas. D’habitude c’est une enfant émotive, qui pleure à la moindre occasion, mais là non.

Annie : On dirait qu’elle ne veut pas pleurer. Peut-être qu’elle pense que si elle commence, elle ne pourra plus s’arrêter. Comment va Jen ? Tu as des nouvelles ?

Eric : Elle n’était pas aux obsèques, elle est toujours à l’hôpital. On m’a dit qu’elle était hors de danger, mais quel fardeau elle va avoir à porter si jeune. J’ai peur qu’il ne lui faille des années avant de pouvoir trouver la force nécessaire. Elle a besoin de ses parents et eux d’avoir à l’aider leur permettra de tenir le coup, ils sont tellement contents de ne pas l’avoir perdue elle aussi. Quoi ?

Annie : Je n’arrête pas de me dire que Lucy aurait pu être aussi dans la voiture.

 

Dans la chambre de Simon

 

Mary : Vous ne voyez pas que vous gênez Lucy ?

Matt : Et alors ?

Mary : Alors ? Mais qu’est-ce qui vous prend ? Son amie est morte.

Matt : Oui, je suis au courant.
Simon : Tu lui en veux toujours ?

Mary : Tu lui en veux pour quoi ? Dehors Simon.

Simon : Ca c’est ma chambre maintenant, tu ne peux pas me dire de sortir.

 

Mary : Tu en veux à Lucy ? Pourquoi ?

Matt : Je crois que Lucy allait sortir avec ces filles, elle ne serait pas restée à la pizzeria.

Mary : Qu’est ce que tu en sais ?

Matt : Je le sais, c’est tout. Je pouvais le lire sur son visage quand je l’ai déposée, mais j’ai pas voulu insister. Elle a essayé de me piéger. Que crois-tu que j’aurai pensé si elle avait été dans cette voiture ? Elle aurait été tuée.

 

Lucy : Tu penses que je ne le sais pas ? Tu penses que je sais pas que si elle n’avait pas été en chemin pour me chercher, Sarah serait encore vivante, elle serait pas morte ?

Matt : Elle est morte parce qu’elle conduisait et qu’un enfant a traversé juste devant elle.

Lucy : Je le sais bien. Et c’est ma faute, tout est de ma faute.

Mary : Lucy, non.

Lucy : Ne m’approchez pas.

 

Annie : Mais qu’est-ce qu’il se passe ?

Lucy : Je savais que Jen laisserait Sarah conduire sa voiture et je l’ai dit à personne. C’est ma faute, je l’ai dit à personne.

Eric : Lucy…

Lucy : Si je l’avais dit à quelqu’un, peut-être bien qu’elle serait encore en vie. Si je leur avais dit de pas passer me prendre, peut-être bien qu’elle serait encore en vie.

Annie : Non, Lucy tu n’es pas responsable. Cesse de culpabiliser.

Lucy : Laissez-moi tranquille.

Annie : Mais on ne peut pas te laisser tranquille, je te dis que ce n’est pas de ta faute, c’est pas ta faute.

Lucy : Si, c’est ma faute ! Tout est de ma faute. Dorénavant, plus rien ne sera comme avant. Plus rien.

Annie : Mon bébé …

Lucy : Non.

Eric : Allons, allons.

 

Dans la chambre de Lucy et Mary

 

Mary : J’aimerais bien pouvoir faire quelque chose pour toi.

Lucy : Ah ben c’est bien, c’est déjà ça.

Mary : Ca a pas vraiment l’air de t’aider. Tu ne veux pas que j’aille chercher maman ou papa ?

Lucy : Non, pas eux.

Mary : Papa a l’habitude de s’occuper de gens dans ton cas.

Lucy : Justement, c’est un professionnel, c’est ça le problème, j’ai pas envie qu’on me traite comme, comme n’importe qui qui aurait pu perdre quelqu’un, je suis pas n’importe qui.

Mary : Parle avec maman, alors. Elle est déjà passée par tout ça quand grand-mère est morte.

Lucy : Mais non, ça n’a rien à voir. Je sais ça a été difficile, mais grand-mère a vécu longtemps, on peut dire qu’elle avait eu une vie bien remplie. Mais qu’est-ce qu’on peut dire de Sarah, hein ?

 

Eric : Je peux entrer ?

Lucy : Pas maintenant papa, s’il te plaît.

Eric : D’accord.

 

Dans la chambre de Simon

 

Eric : Comment ça va ?

Simon : Ca va bien, très bien. C’est vrai, c’est génial, j’adore cette chambre. Je ne veux pas trop montrer que je suis content à cause de Lucy, tu comprends ?

Eric : Pourquoi ça ?

Simon : Eh bien, ça m’embête d’avoir l’air de m’amuser alors que sa copine est morte.

Eric : Ce qui est arrivé est vraiment affreux et nous sommes tous navrés pour sa famille, mais tu as tout à fait le droit d’être content de ta nouvelle chambre. Ben oui, tu as le droit.

 

Ruthie : Je suis ravie, vous venez voir ma chambre ?

Eric : Allons-y.

Ruthie : Alors ? Qu’est-ce que vous en dites ?

Simon : Premièrement, Happy ne porte pas de tutu. Et deuxièmement, pourquoi tu as fait ça ?

Ruthie : Ca me ressemble, tu m’as toujours empêché de m’exprimer. Eh bien, je deviendrais un beau jour décoratrice d’intérieur.

Simon : Tu ne peux pas tout changer.

Ruthie : Mais si j’ai le droit, c’est ma chambre.

Simon : Je laisse la chambre de Matt comme elle était moi, je me contente d’y ajouter mes affaires.

Ruthie : Eh bien moi, j’aime le changement.

Simon : Allons-nous en Happy.

Eric : Je repasserai.

Ruthie : T’aimes bien ce que j’ai fait ?

Eric : Ah oui, je trouve ça magnifique. C’est toi.

 

Eric : Pourquoi tu es si fâché ?

Simon : Parce que c’était ma chambre, j’y ai vécu pendant 10 ans. 10 ans. Et elle a tout fait disparaître, tout enlever, c’est comme si je n’avais pas existé.

Eric : Matt va peut-être ressentir la même chose pour sa chambre.

Simon : Mais je n’ai absolument rien touché dans sa chambre. Je ne l’ai pas saccagée comme Ruthie a saccagé notre chambre.

Eric : Peut-être mais ton frère a vécu dans cette chambre pour ainsi dire toute sa vie. On l’a amené ici directement depuis la maternité. A cette époque, il y avait du papier au mur, c’était des petits lapins jaunes et bleus, les lapins étaient très à la mode. On a peint par-dessus quand Matt est entré en maternelle.

Simon : Je ne me rappelle pas avoir vu cette chambre autrement.

Eric : C’est vrai qu’elle est comme ça depuis longtemps. Moi, je pense que tu devrais personnaliser cette chambre. Ça te permettrait de dire elle est unique, c’est la tienne. Je sais pas moi, accroche un poster de super-héros.

Simon : Je ne crois pas que j’aimerai ça. J’ai beau être branché là-dessus, je crois que je suis plus intéressé par d’autres choses.

Eric : Ah ouais.

Simon : Comme, par exemple, les filles.

Eric : Ouais. Ah ouais. Tu ne veux pas que je t’aide à réparer ton volcan ?

Simon : Ca fait longtemps que tu ne m’as pas aidé. Tu sais faire le papier mâché ?

Eric : Ouais… Non.

 

Dans la nouvelle chambre de Matt

 

Annie : Oh, j’avais oublié qu’on avait ce vieux fauteuil. Ah, il a besoin d’une bonne réparation.

Matt : Je l’aime bien.

Annie : Le cuir est déchiré.

Matt : Oh, ça fait rien, il me plaît comme ça, bien usé. Et puis, je resterai sûrement pas aussi longtemps que dans ma chambre. Maman, si je suis admis dans un autre état, je vais vouloir y aller, quoi que je doive payer pour ça.

Annie : Je sais, mais tu auras une jolie chambre quand tu reviendras.

Matt : Joli ? C’est la plus grande pièce de la maison.

Annie : C’est vrai, elle offre des tas de possibilités. Justement, je me disais qu’on pourrait installer une petite salle d’eau dans le coin, là-bas.

Matt : Tu ne me convaincras pas de rester en faisant une petite salle d’eau.

Annie : Je sais, mais je peux essayer. Tu veux vraiment partir ?

Matt : Il faudra bien que je parte un jour, maman.

Annie : Je sais oui, mais j’espérais que ce ne serait pas avant la fin de tes études ou même un ou deux ans après.

Matt : Ecoute, on parle pour rien, c’est vrai, je suis admis nulle part pour l’instant.

Annie : Non, mais dans un mois ou deux tu vas être obligé de prendre une décision et je voudrais que tu saches que tu as la possibilité de rester à la maison.

Matt : Je sais.

Annie : Je vais chercher du ruban adhésif pour réparer le fauteuil.

 

Dans la cuisine

 

Eric : J’ai essayé d’en donner à Lucy, elle n’en a pas voulu. A moins peut-être qu’elle n’ait pas voulu me laisser entrer de peur que je ne la pousse à me parler, ce que je n’aurai pas fait. Même si je pense qu’elle a besoin de parler à quelqu’un.

Annie : Elle parle avec Mary.

Eric : Elle ne parle pas, elle lit simplement avec Mary. Il faut qu’elle ait une conversation avec quelqu’un qui … Pourquoi j’y ai pas pensé plus tôt ?

Annie : A quoi ?

 

Dans la chambre de Mary et Lucy

 

Eric : Dans 2 jours, Jen va sortir de l’hôpital, elle aura peut-être envie d’avoir un peu de compagnie.

Lucy : Si tu cherches à savoir si oui ou non j’ai envie d’aller lui rendre visite, la réponse est non. Je ne saurais pas quoi lui dire.

Eric : Mais je …

Lucy : S’il te plaît, papa, n’insiste pas.

 

Dans l’entrée

 

On sonne à la porte.

 

Mary : Salut.

Wilson : Salut.

Mary : Je ne savais pas que tu venais.

Wilson : Euh, à vrai dire, c’est Lucy que je viens voir.

Mary : Tu sais, Lucy n’a envie de parler à personne.

Wilson : Je veux quand même essayer.

Mary : Très bien. Je vais l’appeler, mais je doute que ça marche.

Wilson : Si tu pouvais, j’aimerais que tu lui dises que j’attends dans le salon et que j’ai besoin d’une amie à qui parler.

Mary : Pourquoi tu ne me parles pas ?

Wilson : Ne le prends pas mal, mais toi tu ne fais pas partie du club.

 

Dans la chambre de Lucy et Mary

 

Annie : Alors, quoi de neuf ?

Lucy : Il y a rien de neuf, je fais le ménage.

Annie : C’est drôle moi je fais le ménage quand j’ai des soucis.

Lucy : Et moi, je fais le ménage seulement pour faire le ménage, mais je crois que je ne pourrai plus jamais le faire sans que quelqu’un pense que c’est sûrement parce que j’ai des soucis.

 

Mary : Lucy, Wilson veut te voir, il attend dans le salon.

Lucy : Wilson ?

Mary : Oui. Il me dit qu’il a besoin d’une amie à qui parler.

Lucy : Mais pourquoi moi ?

Mary : Je lui ai posé la même question.

Lucy : Et pourquoi pas toi ?

Mary : Il dit que je ne fais pas partie du club.

Lucy : Oh … J’arrive.

 

Eric : Tu sais que …

Lucy : Je sais.

 

Eric : Ben oui, c’est moi.

Mary : Bien sûr.

 

Dans le salon

 

Wilson : J’ai entendu parler de ton amie Sarah.

Lucy : Ouais. Tu dis que je fais partie du club ?

Wilson : Le club dont personne ne veut faire partie. Il suffit de perdre quelqu’un qu’on aime pour en devenir membre automatiquement. Et on en fait partie, qu’on le veuille ou non.

Lucy : Je me doutais que c’était de ça que tu parlais, parce que c’est ce que j’éprouve. J’ai l’impression que je ne suis plus comme les autres gens. Ceux qui veulent m’aider, ils disent qu’ils me comprennent, mais en fait, ils me comprennent pas, enfin pas vraiment.

Wilson : Tu sais Lucy, je n’ai pas trop le moral depuis quelque temps. Le soir du bal, je me suis rendu compte à quel point Mary me manquait, mais ça je ne peux pas lui dire.

Lucy : Pourquoi ?

Wilson : Parce que je crois que j’ai peur qu’on devienne trop proches.

Lucy : Tu veux dire que tu crains d’avoir accidentellement des rapports sexuels ?

Wilson : Mary t’a dit ça ?

Lucy : Oui.

Wilson : Oh … et bien non, j’ai compris que ce n’était pas ça. J’ai peur qu’elle et moi, on devienne trop proches et qu’elle meure.

Lucy : Ca c’est bizarre, j’éprouve la même chose. Comme si tous les gens que j’aime pouvaient d’une seconde à l’autre quitter cette planète, moi y compris. En tout cas, c’est la première fois que je prends conscience que je veux faire quelque chose pendant que je suis vivante. Après tout, si je suis là, c’est peut-être qu’il y a sûrement une raison. Dieu m’a certainement laissé vivre dans un but précis. Sinon, pourquoi je n’étais pas dans cette voiture ?

Wilson : Après que ma femme soit morte, j’ai ressenti les mêmes choses. Pourquoi je n’étais pas mort ? Pourquoi elle ? Pourquoi a-t-il fallu qu’elle supporte une grossesse difficile jusqu’à son terme et mourir en fin de compte ? C’était tellement injuste. Mais comme j’étais vivant, il fallait que je fasse quelque chose de bien. Rejoindre le corps des volontaires de la paix, devenir missionnaire ou médecin pour découvrir un remède au cancer.

Lucy : Et alors ?

Wilson : Je me suis rendu compte qu’essayer d’être un bon père était un objectif merveilleux.

Lucy : Comment je peux faire moi ? J’ai rien de tout ça.

Wilson : Mais si voyons. Tu peux jouer ton rôle de sœur, ton rôle de fille, ton rôle d’amie.

Lucy : Comment tu as fait pour être aussi calé à propos de toutes ces choses là ?

Wilson : Tu n’as rien de prévu pour l’heure et demie qui vient ? Alors viens, je vais te montrer.

 

Dans une salle hors de la maison

 

Une Dame : Y a-t-il quelque chose dont quelqu’un a envie de parler aujourd’hui ?

Une Jeune Fille : Euh oui, moi. Ma mère est morte il y a 3 ans, aujourd’hui. L’année dernière, quand ma belle-mère a oublié la date et que j’ai été très en colère contre elle, elle m’a offert un petit cœur en bois peint en rouge et elle m’a dit que chaque fois que je me sentirais mal et que je penserais à ma mère, je devrais l’accrocher à la porte de ma chambre, comme ça elle saura. Mais aujourd’hui, quand je me suis levée, elle l’avait déjà pris et posé sur la porte avant moi. J’ai été extrêmement touchée qu’elle se soit souvenue.

La Dame : Oui, cela prouve qu’elle respecte vos sentiments.

Un jeune homme : C’est ma petite amie qui m’a trainé ici la première fois. Mon frère est mort dans une fusillade. Je suis allé à son enterrement, mais je ne pouvais rien dire. Je ne voulais pas qu’on sache ce que je pense.

Lucy : Mon amie s’est tuée dans un accident de voiture, sa sœur était avec elle, elle a été blessée. Et… Je sais pas quoi dire à la sœur de mon amie.

La Dame : Qu’est ce qu’on vous a dit autour de vous qui vous a réconforté ?

La Jeune Fille : Euh …

Wilson : En fait, on parle beaucoup de ce que peuvent dire les gens, mais qui n’est pas réconfortant du tout.

La Jeune Fille : Comme tu la reverras quand tu mourras.

Un autre jeune homme : Ou bien, il se repose. J’avais 7 ans. Je m’imaginais que mon père se reposait et qu’un beau jour il réapparaitrait. C’était terrifiant.

Une autre jeune fille : On n’y peut rien, c’est comme ça. Ce sont les meilleurs qui s’en vont.

Le jeune homme : On n’y peut rien ? Qu’est-ce que ça veut dire ça ? Mon frère n’avait pas à être tué.

Lucy : QU’est-ce qu’on peut dire aux gens dans ce cas là ?

Wilson : Peut-être la vérité. Dire que c’est vraiment dégueulasse.

Le jeune homme : C’est ce que je voulais crier à l’enterrement de mon frère, mais ce n’était pas possible, personne n’aurait compris. Et aussi que j’étais content que ça soit pas moi. Ça peut sembler égoïste, mais je suis content d’être vivant. Il y a un tas de choses que j’ai envie de faire.

La jeune fille : Oui, pourtant c’est ça le plus difficile. Continuer à vivre, à faire toutes les choses du quotidien. Et puis un jour, on les fait sans s’en rendre compte, qu’on le veuille ou pas, ça arrive.

Lucy : Je ne crois pas que ça arrivera.

Wilson : Si, tu verras. Ça va aller.

 

Dans la chambre de Matt

 

Lucy : Tu veux un coup de main ? Ca a l’air rudement bien ici.

Matt : Oui, encore une ou deux couvertures et je suis installé.

Lucy : Je vais les chercher.

Matt : Je te remercie.

 

Lucy : Appelle Wilson.

Mary : Pourquoi ?

Lucy : Parce qu’il tient beaucoup à toi, alors appelle-le, ça lui fera du bien.

Mary : D’accord, je l’appellerai.

 

Matt : J’espère que tu ne viens pas m’implorer de ne pas partir à la fac.

Mary : Non, je me disais que si tu dois partir un jour, pour tes études, tout ça pourrait être à moi !

 

Dans la chambre de Ruthie et dans celle de Simon

 

Simon : Je me demande pourquoi on n’ouvrait pas la porte quand Matt occupait la chambre.

Ruthie : Peut-être parce qu’il avait une bonne raison de fermer la porte. Peut-être qu’il cachait  E.T. dans son placard ou alors un méchant alien sous son lit et maintenant, il va venir te dévorer parce qu’il ne te connaît pas.  

Simon : Oh, non. Tu ne vas pas me faire peur pour que je revienne comme la dernière fois. Je laisserai la porte ouverte jusqu’à ce que tu t’habitues.

Ruthie : Merci Simon, nous t’aimons beaucoup.

 

Dans le couloir du 1er

 

Annie : Tu cherches quelque chose ?

Lucy : Une couverture pour Matt. Je cherchais cette vieille couverture de l’armée que le colonel lui avait offerte. Celle qu’il emportait en camp de vacances chaque été. Je crois qu’elle irait bien dans sa chambre.

Annie : La voilà.

Lucy : Merci.

 

Eric : Ca prendra un moment.

Annie : Je le sais. Je suis contente que nous soyons là pour l’entourer.

 

FIN DE L’EPISODE 

Fait par kooizeuse

Kikavu ?

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30.04.2017 vers 00h

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