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Les Analyses de Sudena !

Les Analyses de Sudena !

BuffyAngel  (16.02.2013 à 11:19)

Un de nos fans m'as contacté me demandant d'ouvrir un topic sympas ou il pourrait évoquer une analyse mélangée de Buffy et d'autres séries ... 

Je le laisse donc tenté son expérience en espérant qu'il n'y ai aucun débordement ... 

Bonne journée 


Sudena  (16.02.2013 à 11:42)

Bon: je viens de déplacer mon message incorrectement mis dans "débats" et je pars donc sur mon délire et j'envoie la première partie de la sauce (la moins intéressante je pense)...

 

 

Ce sont ces séries qui ont réconcilié populaire et intellectuel. Qu'ont-elles de plus que les autres? Quel est leur génie? Quels sont leurs points communs? Pourquoi ont-elles tenu si longtemps et sont-elles aujourd'hui regardées par tous comme des cultes et font-elles couler autant d'encre bien après leur final? Petite analyse amoureuse d'un malade qui a besoin d'écrire...

Pour commencer et avant de proposer la moindre lecture, commençons par comprendre où est la dychotomie profonde entre le public amateur de séries et les intellectuels critiques... Passons sur les hauts cris comme: "Personne n'a jamais nié la qualité intrinsèque de "Friends", "NCIS", "Dr House", "Charmed" ou "Les Experts"!" ou à l'inverse: "Je vous rappelle mon cher monsieur que "Les Soprano", "Six Feet Under", "Rome" ou "Mad Men" ont d'excellentes audiences...": le fait demeure que le public regarde plus volontiers les premières tandis que les intellectuels se pament devant les deuxièmes (la série préférée des derniers cités est généralement "Sur
Ecoute"...qui n'a bénéficié que d'un petit noyau dûr de fans). Il y a une raison à celà qui tiens à la psychologie et au désir inconscient (ou pas d'ailleurs) de chaque public, qui diffère radicalement: en-effet l'amateur
lambda va voiloir se divertir, quitte à être pris au piège de l'histoire tandis que le critique va plutot chercher une profondeur, une fascination, va chercher en fait à s'impliquer et à être pris au piège, dut-il être patient. En fait les premiers envisagent la série télé comme une mise en image de la radio et les deuxièmes comme un prolongement du cinéma. On dit souvent que le public a toujours raison et ce n'est pas faux mais les intellectuels risquent de grimacer, car cette vision de la série télé n'impose aucune innovation, aucune sortie des sentiers battus. Pourtant ce n'est pas un hasard si "Dr House", "NCIS" ou "Friends" ont toujours eu des chiffres d'audience exceptionnels: dans leur genre ce sont les meilleures, indiscutablement. Mais le fait demeure qu'il n'y a aucun doute quand à leur identité profonde ("Dr House" est une série médicale, "NCIS" est une série policière de type "procedural", "Friends" est une sitcom). Cette sécurité déplait aux intellos qui visent plus "haut"
_disent-ils_: pour celà la chaine HBO (et par extension les autres chaines payantes comme Showtime ou FX) sait y faire: des saisons courtes, des épisodes feuilletonants parfaitement stylisés, des personnages parfaitement écrits dès le début, une progression très calculée selon le tout formé: l'Art s'invite à la télé. Mais le problème _le gros problème_ c'est que même des séries aux excellentes audiences comme "Les Soprano" ou "Six Feet Under" ont un abord difficile pour le public lambda: les premiers épisodes sont souvent fumeux, les intentions des scénaristes ne sont révélées qu'au compte goûte: les regarder exige un véritable effort d'attention pour ne pas zaper tout de suite, elles sont "pédantes" en fait et dans un art populaire comme la télé ça la fout légèrement mal et c'est ce qui explique qu'elles n'ont jamais atteint la popularité de leurs consoeurs beaucoup plus "accueillantes"...

Une fois ce constat formulé nous allons pouvoir nous concentrer par plus sur les trois séries qui nous intéressent et voir leurs points communs, bien plus nombreux qu'il n'y parrait...


Des séries "bouclées"...


"Buffy", "A la Maison Blanche" et "Lost" ont d'abord un point commun évident: elles racontent chacune une histoire qui commence au début et qui finit au dernier épisode en formant un ensemble cohérent. C'est une lapalissade de le dire pensez-vous mais détrompez-vous: le secret de toute série réussie tient en grande partie dans sa structure basique. Or dans ces séries il y a un vrai début et une vraie fin et ce n'est pas le cas de toutes les autres, loin s'en faut (d'une façon générale disons _même si c'est un raccourci énorme et que, encore une fois, plusieurs ont également ce début et cette fin bien définis_ que les séries populaires ratent leur fin et les
"estampillées HBO" leur début). Ce début et cette fin se répondent parfaitement dans ces trois séries: au terme du premier épisode la thématique même du final subtilement donnée...

illustration:
pas question de spoiler le final de l'intrigue! concentrons-nous juste sur le premier épisode de chacune:

-dans "Buffy", la jeune tueuse de vampires arrive à Sunnydale où les monstres en tout genre semblent se multiplier. Elle apprend que celà n'est en rien au hasard: la ville est située au-dessus de la "Bouche de l'Enfer"...

-dans "A la Maison Blanche" l'administration présidentielle en place depuis à-peine plus d'un an tente de remlir son office mais Josh commet une grave erreur, se fait sévèrement réprimander par Léo et Toby avant d'être sauvé par le Président
-dans "Lost", un avion se crashe sur une île topicale déserte. Les rescapés, menés par un chirurgien appelé Jack, tentent de trouver du secours mais il apparait qu'ils seront bloqués pour un moment sur cette île qu'une mystérieuse et terrifiante force semble habiter...

Et voilà: sans qu'on ne s'en doute ces éléments appris dès le pilote (double pour "Buffy" et "Lost") vont revenir malicieusement dans le final et permettre ainsi de boucler la boucle...




...au creshendo minutieux...


Si on regarde la structure de manière encore plus basique on s'apreçoit que ces série ont un nombre équivalent de saison et d'épisodes ("Buffy" dure sept saisons et fait 144 épisodes, même nombre de saisons pour "A la Maison Blanche" et 155 épisodes [en fait 154], six saisons pour "Lost" et 121 épisodes). C'est une particularité assez spécifique à ces séries: en général une série "populaire", même feuilletonante, fait beaucoup plus que ça tandis que les "estampilles HBO" font en moyenne cinq saisons et en tout cas moins de cent épisodes. Cette architecture globale permet de faire progresser la série jusqu'à un certain point avant d'amorcer le final sans le
précipiter ni le retarder indéfiniment (ce qui a eu raison d'"Urgences" ou "X-Files" par exemple). En celà ces séries se rapprochent des "estampilles HBO" mais d'une part les épisodes sont plus courts (quarante minutes contre presque une heure pour les chaines cablées) et d'autre part la basculement, même s'il est long à se faire (plusieurs épisodes voire presque une saison), est plus net, plus "lisible" pour le téléspectateur (même s'il ne s'en rend compte que rétrospectivement): en celà ces trois séries sont plus proches du specteteur "lambda"...

illustrations:
-dans "Buffy": Buffy rentre à la fac, rencontre les militaires et sort avec Riley; Spike retourne à Sunydale, est
capturé et subit un traitement qui le rend inoffensif; Willow romp avec Oz et se découvre lesbienne en rencontrant Tara, elle-même sorcière; Anya et Alex commencent à sortir ensemble
-dans "A la Maison Blanche": Bartlett est réélu mais le Conseil demeure Républicain; Sam part et Will arrive; Toby devient père; une affaire de moeurs pousse le vice-président Hoynes à la démission
-dans "Lost": Jack, prisonnier, fait mieux la connaissance des fameux "Autres", en particulier Ben et Juliett; Desmond intègre le groupe des survivants et se découvre d'étranges dons de voyance qu'il utilise pour changer l'avenir et sauver Charlie; Jack retourne sur la plage et Locke reste avec les Autres


Ces différents événements, peu palpitants en eux-mêmes et noyés dans les épisodes, se déroulent pourtant sur un espace-temps assez réduit: ce sont les sésames du basculement de la série...



...et au basculement pénible


Vous l'auriez compris les différents exemples cités ci-dessus sont tirés du milieu de la série, en l'occurence de la saison 4 pour "Buffy" et "A la Maison Blanche". Je ne ferai pas un scoop en vous disant que ces saisons, pour indispensables qu'elles soient, sont de loin les moins réussies de ces séries: le creshendo vu jusqu'alors disparait totalement, les enjeux sont autrement moins palpitants, l'impression de régression parrait parfois patente... C'est là le prix à payer: pour demeurer crédible le basculement doit se faire délicatement, sans overdose de scoops, les enjeux doivent bien être redéfinis, certaines histoires et intrgues doivent se clore. Cet effort se fait au risque de perdre du public mais il fait entrer ces séries définitivement dans le coeur des intellectuels. "Une minute! et "Lost"?!" me direz-vous. Cette série comporte effectivement six saisons et non sept, mais les premières ont beaucoup plus d'épisodes que les dernières (25 dans la 1; 24 dans la 2; 23 dans la 3 mais seulement 14 dans la 4; 17 dans la 5 et 18 dans la 6), aussi les exemples cités sont tirés du pire moment de cette série: grosso-modo le deuxième tiers de la saison 3...


illustrations:
-dans "Buffy": les militaires font perdre son essence à la série en y mettant de la technologie à foison; le méchant est une brute à cent lieues du très dangereux et très calme maire de la saison 3; Riley est falot: il n'arrive pas à la cheville d'Angel; Tara et Anya sont beaucoup trop en retrait: on ne les connait pas réellement
-dans "A la Maison Blanche": les épisodes centrés sur les racines de Toby et C.J. sont fades et ne servent à rien; Will est introduit trop rapidement et peine à trouver une identité profonde; le départ de Sam prive l'équipe de l'idéaliste et personne ne reprend le flambeau; après l'élection les épisodes deviennent trop "personnels" (même si le final le justifie en partie)
-dans "Lost": la lenteur devient gratuite: elle n'est plus justifiée dramatiquement; les manipulations de Ben et de Juliett sont redondantes et semblent meubler plus qu'autre chose; l'arc saisonnier n'est pas bien défini; certains personnages récurents tournent un peu en rond


Voilà au milieu de quoi les basculements sont noyés... Mais le public est demeuré largement fidèle: le pari a été gagné!..






à suivre...


Sudena  (16.02.2013 à 18:23)

Une évolution chronologique...


Même si les épisodes peuvent être vus isolément sans perdre leur intérêt en raison de leur architecture de base (même dans l'ultra-feuilletonante "Lost" chaque épisode a une histoire bien à lui qui peut prendre le spectateur sans problème), l'intérêt de ces séries est bien évidemment d'être regardées dans l'ordre et ce pour diverses raisons: personnages qui changent ou dont la psychologie évolue, ambiance générale qui suppose d'avoir suivi depuis loe début pour saisir les changements, vers la fin même procédés stylistiques divers qui ne peuvent être apprciés voire compris qu'après un visionnage préalable: en fait le début de la série ne ressemble jamais à la fin... Si ça semble évident pour "Lost" et "Buffy", c'est beaucoup plus délicat pour "A la Maison Blanche", pour autant avec un peu d'attention déceler cette évolution n'est pas si difficile...

illustrations:
-dans "Buffy" ça saute aux yeux: les personnages évoluent physiquement et mentalement, passant de l'adolescence à l'âge adulte; de plus l'ambiance devient de plus en plus sombre, le vampire récurent n'est plus le brun Angel mais le blond Spike et le "scooby-gang" autour de Buffy, Alex, Willow et Giles change de membres, et puis tout simplement l'augmentation du budget permet des effets spéciaux de bien meilleure qualité...
-dans "Lost", outre la disparition précoce de certains personnages et l'arrivée d'autres, le rythme s'emballe (les dernières saisons sont rapides, en contraste avoué avec les premières), les phénomènes paranormaux deviennent monnaie courante, tout comme certaines techniques scientifiques ultra-sophistiquées (et dangereuses), les personnages évoluent beaucoup psychologiquement et surtout les flash-backs ne sont plus les seuls effets scénaristiques (il y a abondance à la fin de flash-fowards puis de flash-sideways)
-dans "A la Maison Blanche", série réaliste dans une administration adulte, l'évolution se décèle (surtout dans la saison 5, après c'est plus net) à quelques détails, mais ces-derniers sont importantissimes et soutiennent largement la comparaison avec les deux séries pré-citées: le plus net est l'absence de Sam et la présence de Will, puis arrive la redistribution de certains postes et conséquemment l'entrée en jeu d'autres personnages (Russell, Kate, Anabeth puis plus tard Santos...); ensuite l'ambiance générale: comme dans "Buffy" elle s'assombrit notablement, certes ce n'est pas la déprime mais on rit beaucoup moins qu'au début, clairement et nettement; enfin, même si c'est subtil, on peut voir que Josh ne drague plus, qu'une jolie femme ne lui produit plus aucun effet...

Voici en quoi ces séries sont indiscutablement feuilletonantes, que le début ne peut pas être pris pour la fin et vice-versa: en celà elles forment un tout, une histoire complète qui utilise l'avantage du temps pour évoluer lentement avec un lien cohérent entre tous les épisodes (oui oui: même au début de "Buffy" les aventures passées alimentent les peurs et les conversations). En celà ces série se hissent au rang de véritables oeuvres télévisuelles qui ont besoin de CE support: idéal pour le spectateur attentif qui veut se plonger dans une histoire...



...aux saisons très caractérisées



Peut-on alors se tromper de saison lorsqu'on regarde un épisode de ces séries? Ont-elles chacune une caractéristique dans la durée, plus "profonde", qui permet les coups de coeur? La continuité des épisodes est
effectivement un piège, surtout lors des premières saisons, et est pernicieusement assez dychotomique avec l'idée d'une caractéristique générale de la saison: la première idée suppose une clarté, une reconnaissabilité immédiate, tandis que la deuxième suppose une continuité dramatique particulière (on appelle ça un arc saisonnier) qui ne doit pas interférer non-plus sur la cohérence générale de la série. C'est un vrai mécanisme infernal qui souvent décourage les scénaristes lesquels décident souvent d'accepter le marché commercial de s'adresser à un public "ciblé", qu'il soit populaire ou intellectuel. C'est pourtant ce qu'ont refusé ces trois séries...ce qui a été la cause directe du basculement poussif évoqué plus haut. Le pari fut pourtant réussi avec un point commun évident pour les trois: l'inévitable coup de coeur des fans pour la première saison qui sert d'introduction (début d'une histoire d'amour dont on regrette toujours les premiers frissons)...

illustration:
prenons série par série et saison par saison:
Buffy:
saison 1: un scooby-gang réduit aux seuls Giles, Alex et Willow, avec comme trame générale l'intrigue du Maître
saison 2: Cordelia intègre le groupe, Spike et Drusilla constituent la trame générale et pendant la deuxième
moitié Angel est méchant
saison 3: Oz arrive dans le groupe, la coupe de Willow change, il y a Faith, la trame générale est celle du maire Wilkins
saison 4: arrivée de Riley et des militaires, la fac est un lieu récurent, plus de Cordelia ni d'Angel, Spike est inofensif, la trame est celle d'Adam
saison 5: Spike est amoureux de Buffy, arrivée de Dawn, Tara et Anya sont là tout le temps, la trame est celle de Gloria. Note: à-partir de cette saison la trame générale apparrait dans tous les épisodes ou
presque (caractérisation plus facile)
saison 6: la plus sombre et de loin, le fil rouge est le Thanatos des personnages et le Trio formé par Andrew, Jonathan et Warren, plus de Joyce ni de Riley, Giles est souvent absent, Spike et Buffy ont une relation malsaine qui laisse des traces même après son terme
saison 7: les Potentielles arrivent et constituent la trame de la saison, Spike a une âme, Dawn est au lycée, plus de Tara, arrivée de Wood
A la Maison Blanche:
saison 1: il y a Mandy, Sam a une relation amicale avec une call-girl, la trame générale est l'équipe elle-même et l'alcoolisme de Léo
saison 2: plus de Mandy, arrivée d'Ainsley, la trame générale sont les relations entre démocrates et républicains et la maladie du Président
saison 3: arrivée de Bruno et d'Amy, la trame générale sont la commission parlementaire et le début de la campagne présidentielle ainsi que les relations entre l'équipe et les partenaires traditionnels des démocrates (les féministes en particulier)
saison 4: campagne présidentielle plus active puis arrivée de Will, Zoey a un nouveau petit ami nommé Jean-Paul, la trame est le début du nouveau mandat
saison 5: plus de Sam, arrivée de Russell, Will ne travaille plus à la Maison Blanche, la trame est l'adcendant que Léo prend sur tout le monde et la lente sortie de l'eau du Président
saison 6: arrivée de Kate, Josh prend de plus en plus d'imortance, C.J. devient secrétaire générale de la Maison Blanche et Toby l'attaché de presse, arrivée d'Anabeth et de Santos, la trame est la primaire démocrate et la lutte entre Santos et Josh d'un côté et Russell, Will et Donna de l'autre
saison 7: la trame est la campagne présidentielle avec un suivi parallèle des deux camps et de la Maison Blanche et ça caractérise tous les épisodes
Lost:
saison 1: l'action se passe sur la plage ou dans les grottes, les survivants sont la trame
saison 2: apparition du bunker et du projet Dharma qui font à la fois la trame et la caractéristique de tous les épisodes
saison 3: apparition de Juliett, Desmond et Ben deviennent récurents, l'action se passe sur la plage ou chez les
Autres qui constituent la trame de la saison
saison 4: arrivée de Farraday, Charlotte, Miles et Lapidus, le cargo est le lieu particulier de la saison, apparition des flash-fowards
saison 5: le groupe est scindé en deux entre ceux qui sont restés sur l'île et ceux qui en sont partis, le projet Dharma devient une réalité physique, le temps constitue la trame de la saison
saison 6: les flash-sideways caractérisent tous les épisodes, la trame est l'île et ce qu'elle est réellement


HEROESLOVE  (16.02.2013 à 19:47)

Et bien, dis-donc, le moins que l'on puisse dire, c'est que tu sais de quoi tu parles... Je ne trouve rien à répondre à tes analyses si longues et complètes ^^

En tout cas, continue comme ça, j'adore lire tes analyses, que je trouve plus qu'intéressantes. ^^


Sudena  (16.02.2013 à 20:54)

Merci Heroeslove!.. :D Je poursui donc illico...

 

 

 

Une base très simple...


Les séries "estampillées HBO" ont un problème originel: le propos, même caractérisé simplement, fait tout de suite peur au spectateur paresseux qui veut juste se distraire en mettant la télé pendant qu'il mange ou qu'il repasse. Sans même parler des séries historiques les termes abordés impliquent une certaine violence physique ou psychique qui rebute un certain nombre de spectateurs, de plus souvent peu aidés lors des premiers épisodes. "La mafia? Mais c'est violent ce truc, et puis des voyous ça va: je veux me DETENDRE, vous comprenez?": phrase entendue plusieurs fois quand je parle des "Soprano"; "La mort? Ouh là doucement: pas envie de penser à ça après une journée de travail: pas de pensées morbides s'il vous plait...": effectivement "Six Feet Under" traite de la mort, sujet tabou et dérangeant par excellence; "Un tueur en série gentil?! Qu'est-ce que c'est encore que ça: c'est d'un glauque!..": oui "Dexter" est glauque, c'est un fait... Et toutes les séries citées ont pourtant eu _et ont toujours dans le cas de "Dexter"_ des audiences excellentes. Seulement voilà: le sujet abordé fait tout de suite peur d'une certaine manière, ne rassure pas les gens... Nos trois fantastiques ont,
elles, une base beaucoup plus attractive, en tout cas moins "effrayante" qui pousse le public à regarder (ne serait-ce que pour des raisons sordides dans le cas d'"A la Maison Blanche"):

illustration:
-pour "A la Maison Blanche": qui n'a jamais rêvé de pouvoir ne serait-ce qu'une fois se transformer en petite souris pour voir comment ça se passe dans les coulisses du pouvoir de Washington? pas besoin au départ de s'intéresser outre-mesure à la politique: on a tous un petit côté voyeur et paparazzi et quand une série nous propose d'entrer dans ces coulisses, on se dit "Tiens, pourquoi pas?": ça n'a rien d'effrayant, on n'est pas obligé de s'impliquer personnellement, on peut même se dire qu'on va bien rire de voir ces voyous qui nous saignent avec leurs impots ramenés à leur triste réalité. Le premier épisode attira en fait beaucoup pour ça...et le piège se referma
-pour "Buffy" le postulat était classique: une série pour adolescents (un "teen drama" dirons-nous) avec plein de combats contre des monstres horribles ou la gentille fifille blonde est en fait super-forte et gagne toujours à la fin: bon ça n'a rien de dangereux, c'est plutôt cool de voir une fille se battre contre les méchants et sauver le monde, et ça fait toujours passer un bon moment qu'on ne va de toutes façons pas prendre au sérieux... Pauvre de nous ...
-pour "Lost", le principe de base avait déjà été plusieurs fois éprouvé et avait montré son efficacité: la robinsonade. Modernisée avec un crash d'avion certes mais le groupe de survivants, l'île mystérieuse qu'on découvre petit à petit, la quête de l'évasion: ces thèmes sont classiques et mettre un peu de magie sur l'île
renforce l'adrénaline et apporte une originalité supplémentaire: on va bien voir comment ils vont s'en sortir se dit-on au début. Et au terme du premier épisode, les yeux écarquillés, nos pensées font écho à la phrase de Charlie: "Dites, où est-ce qu'on a atterri??."

Enfin bref, tout ça pour dire qu'à la base ces séries sont attrayantes pour le public lambda, même si c'est pour des raisons différentes: elles ne font pas peur, on se dit qu'on va pouvoir décrocher quand on veut (et pourquoi pas dès le deuxième épisode?..), et même quand on les présente rétrospectivement on ne peut pas éviter de parler de ces bases car intrinsèquement ces séries ne les trahissent pas: elles sont destinées stricto-sensu à un public populaire...




...qui cache un trésor


"Le piège se referme" ais-je dit plus haut, et c'est vrai que le sériphile qui ne voudra pas s'arrêter à l'apparence et suivra ces séries découvrira peu à peu un chef d'oeuvre abordant quasiment tous les thèmes qui soient, parfois au détour d'un épisode, parfois thématique et symbolique, toujours fabuleusement traité. Il est vrai qu'à première vue "Lost et "Buffy" ont un avantage: le fantastique qui permet bien des métaphores et bien des développements que le réalisme semble empêcher, en même temps qu'une certaine beauté propre au surnaturel (les deux séries n'en abusent pas mais l'utilisent forcément [l'inverse eut été idiot]). Comment "A la Maison Blanche" fait-elle alors pour compenser? par deux moyens simples et géniaux: à défaut d'avoir une esthétique d'image elle crée une esthétique de rythme et de marche: le "walk and talk" qui s'approche de la danse dans la précision imposée (la caméra recule en suivant dans les couloirs deux persnnages qui parlent en marchant, puis un part et un autre arrive sans interruption d'image, en même temps les autres employés apparraissent et parfois traversent le champ mais toujours en diagonale). Ensuite pour les thèmes: on ne peut pas illustrer les métaphores, la philosophie? alors on va en parler: à défaut de montrer on utilise le verbe à foison: on parle de tout, on parle tout le temps... Le coup de génie c'est que ça marche toujours: le spectateur n'a jamais l'impression d'être largué ni pris pour un idiot, et ne se lasse pas de ce verbiage qui fait l'identité de cette série. Je me suis attardé sur "A la Maison Blanche" car le lien avec les deux autres pourrait paraitre fumeux, surfait, la série pourrait sembler plus "thématique": ce n'est nullement le cas pour peu qu'on accepte son style et qu'on le fasse notre: la politique traite au quotidien des affaires de la vie, le fantastique les montre sous diverses formes
souvent très "marquantes". Ces trois séries ont des thèmes communs, thèmes qui nous parlent d'autant plus que nous les connaissons parfois d'expérience et qu'ils fascinent toujours autant les philosophes et les artistes... De plus elles posent un point de vue sur les choses.

illustration:
-dans "Buffy" tous les épisodes reflètent une ou plusieurs questions philosophiques en utilisant force métaphores (c'est sans aucun doute la plus percutante de toutes dans ce genre): il faudrait une encyclopédie pour tous les traiter: contentons-nous des plus évidents et des plus récurents: le choix par devoir, éminament kantien, est au centre du personnage de Buffy qui n'a pas choisi sa mission; Eros et Thanatos gouvernent égalment toute la série, ainsi que la rédemption chez Angel et Spike. Elle est également très engagée politico-socialement: pro-adolescents (dans le sens de "Petite Angèle" de Balavoine), féministe, elle brise les barrières de l'amour tabou et propose pour la première fois un couple éternel homosexuel (Willow et Tara)...
-dans "A la Maison Blanche", les thèmes sont abordés de manière certes plus "adulte" et sans métaphore, mais ils sont également éternels: la morale face à l'apparence de la morale (Sam a une relation amicale sincère...mais c'est une call-girl et c'est mal vu, Hoynes est poussé à la démission à cause d'une relation d'une nuit qui n'a jamais eu d'incidence sur son travail...), le mensonge (Bartlett cache sa maladie à toute son équipe ET à la Nation), l'idéal, comment se relever quand on est au fond du trou (n'est-ce pas Josh ou même Sam?..) sont des thèmes récurents. Elle est résolument engagée politiquement, très à gauche d'ailleurs: contre la peine de mort, contre la vente d'armes, pour l'égalité entre races et sexes, pour une politique très ambitieuse d'éducation...
-dans "Lost", série arborescente par-excellence qui revendique totalement ses prétentions philosophiques, les thèmes sont quasiment divisibles à l'infini. Très superficiellement donc on peut évoquer le destin, la politique au sens primaire du terme (et avec l'opposition entre l'Etat régalien [Locke] et providence [Jack]), la rédemption (commune à tous les personnages), la société, la famille, etc... Si elle semble moins engagée que les deux autres, elle prend néanmoins subtilement parti pour Jack qui prononce la phrase la résumant le mieux dès le début de la saison 1: "Si nous ne sommes pas capables de vivre ensemle alors nous mourrons seuls..."

A noter aussi que si toutes ces séries abordent d'une façon ou d'une autre le problème de la religion (Buffy va au paradis et on évoque souvent l'enfer, Bartlett est catholique pratiquant, une interprétation mystique de "Lost" est parfaitement valable), aucune n'impose un point de vue quelconque _même pas "Lost" quoi que certaine en disent_ et la religion est souvent évoquée pour mieux se concentrer sur le vrai enjeu: les relations humaines. En-effet si ces série sont aussi riches, aussi diversifiées, aussi passionantes, c'est parce que leur base reste profondément humaine. C'est ici qu'il va faloir évoquer les personnages, mais pas avant une petite parenthèse spéciale ...


Sudena  (17.02.2013 à 16:17)

Des épisodes
révolutionaires


Un point commun entre ces trois séries a été
leur aspect révolutionaire: après elles les séries ont dû évoluer, s'en
inspirer, abandonner certains codes qu'on croyait immuables. Avant d'aller plus
loin attardons-nous sur ces quelques épisodes qui ont marqué profondément à la
fois les fans et le monde des scénaristes (ensuite j'en viendrai aux personnages
et je détaillerai les ressemblances de fond [car la forme est finalement commune
à d'autres séries et donc contestable et vous pouriez m'accuser de bavasser sur
du rien...]):

-dans "Lost", deux épisodes de la saison 4 jouent sur le
temps et sa perception et se permettent un jeu entre public et personnages
jamais vu auparavant: d'abord celui où Desmond est soumis à une désorientation
temporelle, se croit huit ans plus tôt et manque d'en mourir: le public suit un
personnage en en sachant plus que lui, en toute connaissance des tenants et des
aboutissants, ce qui est une première (d'ordinaire on découvre le temps en même
temps que le personnage); une autre première est un fabuleux coup de génie
pervers de la part des scénaristes qui avaient habitués depuis le début de la
saison le public à fonctionner non-plus en flash-backs mais bien en
flash-fowards: centré sur deux personnages très proches (Jin et Sun) il montre
à-priori la même histoire en flash-fowards alternant le vécu de l'un et de
l'autre...et en fait c'était un piège: il y avait en fait alternance de
flash-fowards et de flash-backs! Ces extraordinaires coups d'audace ont
totalement révolutionné l'univers des séries: jouer _faire joujou même_ avec le
temps est devenu possible ce qui allait contre toutes les idées acquises en
raison de la lisibilité en apparence impossible...eh bien non pourtant!..

-plusieurs années plus tôt, dans "Buffy", Joss Whedon avait à son niveau
fait tomber plusieurs barrières apparamment incontournables dans la forme avec
trois épisodes tout à fait spéciaux, l'un tiré de la saison 4, l'autre de la 5
et le dernier de la 6, jouant sur le son: d'abord le silencieux où les
personnages sont privés de l'usage de la parole et doivent trouver d'autres
moyens de communication, ensuite celui sans musiques où toute l'action se passe
"au naturel" sans aucun emballage musical, enfin et en opposition le musical
_peut-être le plus culte_ où les personnages, sous l'emprise d'un démon, ne
peuvent plus s'exprimer qu'en chansons. Ces coups de génie étaient impensables
auparavant dans une série: souvent imités depuis mais jamais égalés, ils ouvrent
pourtant un nombre incroyable de portes...
-dans "A la Maison Blanche", deux
épisodes ont également une forme très particulière: d'abord un, dans la saison
5, tourné comme un documentaire avec des commentaires de journalistes et des
interviews d'autres personnages; ensuite _encore plus marquant_ le débat
présidentiel dans la saison 7 tourné en direct et sans interruption et diffusé
comme un vrai débat présidentiel partout aux Etats-Unis: encore une fois deux
formes qu'on croyait totalement impossibles dans une série télé et qui ont
marqué durablement l'histoire du petit écran...

Autre fait à signaler:
aucun de ces épisodes n'est indépendant de sa série dans le sens que la trame de
sa saison ET de l'ensemble sont totalement pris en compte: l'intrigue n'est pas
délaissée au profit de la forme en un mot. Voilà en quoi ces séries, outre leur
fond général, ont toutes été révolutionnaires dans leur forme, ont bousculé les
règles sans perdre leur public et ont ouvert sur quelques épisodes de multiples
voies d'une manière telle que seule "Twin Peaks" peut se vanter de les avoir
surpassées (et cette série fut un échec d'audience)... Bon j'arrête maintenant
de vous soûler et je deviens plus explicite en évoquant nos chers personnages,
et par voie de conséquence très prochainement les intrigues d'une manière plus
croisée...


Sudena  (17.02.2013 à 16:18)

Navré pour la mise en page: un truc a déconné dans l'ordi manifestement: j'espère que ça reste lisible...


Sudena  (18.02.2013 à 12:00)

Le problème des personnages


Quand je parle de "problème des personnages" c'est dans un sens dramatique et comparatif. En-effet on peut retourner la question de toutes les manières que l'on veut il n'en demeure pas moins que nous avons affaire en apparence à des séries très différentes au niveau de la place de ces personnages: une centrée sur un personnage principal ("Buffy") et deux chorales: le nier serait inutile, le nier serait idiot!.. Pourtant il y a deux points à soulever: d'abord la date de ces séries qui ont certes initié mais qui se sont aussi situées dans leur genre et leur temps (si elles ont aussi bien marché c'est bien parce que d'une certaine manière elles correspondaient à leur époque): dans une série de super-héro comme "Buffy" la mode n'était pas à la chorale tandis qu'une comédie de bureau est forcément plus collective... Ensuite, en particulier dans les dernières saisons (celles de l'asurance: voyez bien que tous les épisodes révolutionnaires évoqués plus haut se situent eux aussi dans la deuxième moitié de la série [ce n'est pas un hasard]) la différence s'estompe assez notablement. Ici je vais me livrer à un petit jeu assez tordu: désacraliser le rôle de Buffy dans sa série et _plus intéressant_ tenter de trouver un personnage central (je préfère ce terme à celui de "principal") dans les deux autres...



Buffy, une héroïne très entourée...


Buffy est la Tueuse, Buffy est la plus forte, Buffy combat les vampires et peut même tomber amoureuse d'eux, Buffy est toujours là pour ses amis, Buffy est belle, Buffy est sexy, Buffy a de l'humour, bref: Buffy est parfaite... Mais derrière cette hagiographie écoeurante, sommes-nous si sûrs que ce personnage est sans faille, qu'il se suffit à lui-même, qu'il est toujours au centre des débats ou qu'il n'a pas de graves défauts? En creusant un tout petit peu on peut se rendre compte que non, absolument pas et l'originalité primaire de cette série est bien que très rapidement _et ça ne cesse d'augmenter avec le temps_ l'héroïne n'est pas forcément au centre de tous les épisodes, qu'elle n'est pas la seule à être remarquablement écrite, que ses relations ne sont pas de simples faire-valoir, qu'elle est bourrrée de défauts et de failles. "Mais c'est du déjà vu! vous exclamez-vous; Arrête de nous bassiner avec cette pseudo-originalité qui n'en est pas une!.." Effectivement vous auriez raison mais comparons un peu ce qui est comparable: une série d'aventures avec un super-héro ne peut décemment pas être comparée à une sitcom ou une série médicale: soyez honnêtes! Et quand on accepte de comparer avec une série du même genre, dès les premières saisons, on aperçoit vite que Buffy n'est pas la seule à avoir une utilité particulière, qu'elle ne se suffit pas à elle-même (un clin d'oeil est d'ailleurs fait par Joss Whedon quand il évoque les autres tueuses qui font de leur solitude leur fierté). Voyons la différence avec "Zorro" (on aurait pu étendre avec les trois sorcières de "Charmed" mais c'est encore plus parlant ici) et uniquement au début de la série: Zorro (ou don Diego) n'a besoin de personne pour exister: les méchants et les adjuvants sont interchangeables, Bernardo est un faire-valoir de même que don Alexandro, le sergent Garcia et le caporal Reyes sont des méchants gentils qui servent à faire rire: seul Zorro a une identité schyzophrénique mais il est parfait sur tous les points et tous les épisodes sont centrés sur lui et sa lutte contre les méchants. Dès le début de la série Buffy se révèle être une adolescente caractérielle, mal à l'aise dans sa vie de tueuse à laquelle elle rêverait d'échapper. Parallèlement dès la première saison Alex et Willow sont découverts et creusés dans leurs caractères et leurs paradoxes: plusieurs épisodes sont centrés sur l'un ou sur l'autre (au service chaque fois d'une météphore soit de l'adolescence, soit du sexe, soit de...en fait chaque épisode a une métaphore différente ou abordée sous un angle différent). En progressant dans la série le cercle s'étend de façon exponentielle, de même que les défauts de l'héroïne. On peut ainsi voir:
-dans la saison 3, Faith arrive avec un caractère opposé à Buffy et celle-ci ne l'accepte jamais, la laisse tomber et la pousse en fait dans les bras de Wilkins avant de la poignarder
-les personnages de Giles, d'Alex, de Willow, d'Angel, de Cordélia ou même de Joyce sont pris en compte dans leurs caractères et/ou leurs origines et évoluent au moins autant que Buffy
A partir de la saison 4 (en fait depuis beaucoup plus longtemps mais c'est à-partir de là qu'on s'en rend vraiment compte, que c'est flagrant depuis un hélicoptère...), si Buffy reste au centre des débats, elle n'est plus qu'un personnage au milieu des autres bourré de défauts très graves et le public peut pafaitement en préférer un autre ou même plusieurs autres, d'autant plus que l'entourage est étoffé à un niveau beaucoup plus proche de la série chorale que du centric sur un seul personnage:
-Buffy est d'un égosentrisme à la limite du supportable: elle passe complètement à-côté de Willow quand celle-ci se drogue à la magie (malgré l'alerte sonnée plusieurs fois par Tara), elle reproche à ses amis de l'avoir ressuscité et leur cache la vérité, elle méprise Riley (qui finit par la quitter) puis se sert de Spike comme d'un objet sexuel (il finira par tenter de la violer) et ce ne sont que des exemples parmi d'autres: beaucoup pour une héroïne parfaite, vous ne trouvez pas?..
-les personnages de Willow, Alex, Giles, Spike, Tara ou Anya ont tout autant d'importance dans leur évolution, eux-aussi remplis de paradoxes et touchants comme peu d'autres: ils ont de plus une biographie extrèmement développée qui explique d'où ils viennent, leues peurs, leurs doutes, leurx victoires: ils sont tout aussi touchants, profonds et parfois plus positifs que Buffy (et n'oublions pas le trio de la saison 6: des humains qui ont viré du mauvais côté...et qui sous leur apparence de bras cassés sont excessivement dangereux).
A-partir de la deuxième moitié de la série, les personnages s'étoffent à un niveau jamais vu dans une série d'aventures, l'ambigüité rattrappe l'héroïne qui ne peut définitivement plus passer pour une très très gentille qui a juste quelques problèmes. Le tragique remplaçant le comique les problèmes entrevus précédemment prennent une importance plus grande. Pour autant Buffy reste le personnage principal (l'erreur grossière de "X-Files" n'a pas été refaite) ce qui a conservé le public "de base", mais l'entourage était si bien étoffé, si bien écrit (jusqu'aux plus petits rôles) que la série a acquis cette dimension d'absolu qu'on croyait impossible dans une série de ce genre (loin, très loin des stéréotypes entourés de falots que propose "Charmed" [dans laquelle les personnages les plus intéressant soit meurent très vite [Andy] soit se rangent très vite du mauvais côté [Cole])...


Jack, le berger des losties


La série la plus arborescente de ces dernières années ne connait en apparence pas un héro mais presque une vingtaine: tous les personnages que nous croisons à un moment de cette série ont une histoire, un tourment, une importance capitale dans l'intrigue qui s'ils n'existaient pas au mieux s'amoindrirait au pire n'existerait carrément pas. En apparence elle est totalement opposée à "Buffy" mais regardons de plus près et voyons si nous n'avons néanmoins pas un "guide" qui tient du début jusqu'à la fin. On pourrait argumenter avec raison sur l'importance de Ben, de Desmond, de Juliett ou de Farraday, mais un fait demeure: la série a existé avant eux. De même que les personnages qui disparaissent au moins une saison comme Claire, Charlie, Boone, Michael ou Shannon: la série existe sans eux. Pourtant il y a des personnages récurents qui interviennent sinon à tous les épisodes au moins à toutes les saisons. Sans eux la série aurait-elle été autant suivie? les spectateurs n'auraient-ils pas décroché en masse? Allons, en toute honnêteté...
Un personnage central est un personnage sur lequel le spectateur peut se fier, qui lui sert de point d'appui tout au long du récit: s'il y en a un dans "Lost" il faut donc le chercher parmi les quelques survivants qui apparaissent dans toutes les saisons d'une façon ou d'une autre (et ceux qui connaissent la série savent très bien de quoi je parle ...). En partant de ce constat la liste se réduit considérablement: elle ne comprend plus que Jack, Kate, Hurley, Sawyer, Jin, Sun, Locke et Sayid.
Dans une série arborescente et aussi complexe que l'est "Lost" on ne peut pas réduire le personnage central à une vision subjective comme la préférence de l'un ou de l'autre: tous les avis sont acceptables, tous les personnages ont un côté héroïque et un côté minable. Il faut donc chercher celui qui se détache, et particulièrement vers la fin. Or dans ce cas seuls deux restent en ligne: Jack et Hurley (je ne spoilie pas sur les intrigues de la saison 6 pour ceux qui n'ont pas vu cette série: elle est beaucoup trop géniale pour que j'aille plus loin que l'allusion et je vous prie conséquemment de me croire sur parole).
Regardons et comparons ensuite ces deux personnages: y en a-t-il un qui tienne néanmoins plus la baraque que l'autre sur l'ensemble de la série? Et là la réponse est oui et elle désigne Jack...

Partons de cette déduction pour nous concentrer un peu plus sur ce personnage:
-une chose saute aux yeux tout de suite: il est le premier que nous voyons, le premier dont nous voyons les yeux s'ouvrir dans ce qui constitue la toute première image de la série.
-d'une façon ou d'une autre il est aux premières loges dans TOUS les cliffangers de fin de saison (ouverture de la trappe, capture par les Autres, appel au secours et centric sur le premier flash-foward, décision de retourner sur l'île devant le cercueil, explosion de la bombe atomique): aucun autre ne peut s'en vanter
-il est un leader naturel qui rassure et les autres personnages et les spectateurs car on ne le sent pas capable d'agir de façon totalement égocentrique: dans la société constituée par les survivants il a le rôle du Président (Sayid étant le chef de l'Etat Major)
-son nom de famille (Sheppard) signifie "berger" (ce qui ne manque pas d'être souligné dans la série) et sa mission est bien celle de rassembler les autres et ce tout le temps
-lui-même évolue énormément: d'homme de science pur il devient petit à petit un homme de foi, mais contrairement à Locke, sa foi dans l'île ne sera jamais aveugle et il sera capable de se remettre en question aux bons moments

Au vu de tous ces éléments je considère que Jack est le vrai personnage central de cette série. Venue bien après ses consoeurs elle a bénéficié de la nouvelle maturité du public pour "noyer" ce fait sans avoir besoin de l'expliciter trop clairement à la fin (contrairement à "A la Maison Blanche" [voir ci-après]), mais il n'en demeure pas moins que sans cette sécurité de suivi, sans ce "berger" _même cachée_ le public aurait certainement fini par être "lost" pour de bon...



Josh, évidemment...


"Comment "évidemment"?! vous écriez-vous, estomaqués; Le héros d'"A la Maison Blanche", ce n'est pas le Président??!" Eh bien non justement: le personnage central de la série présidentielle n'est pas son fantastique président mais bien le tempétueux Josh Lyman. Si ça semble très fumeux sur les premières saisons ça devient une évidence sur les deux dernières, et rétrospectivement on s'aperçoit que c'était comme écrit dès le début. Josh prend en-effet plus de place et d'importance objective à-partir du tiers de la saison 6 mais bien que certains spectateurs qui détestent ce personnage (ce qui est parfaitement compréhensible au demeurant) ait eu un gout amer dans la bouche cette "prise de pouvoir" n'a en réalité surpris personne: la série est tellement bien écrite que toutes ses évolutions sont "naturelles". "A la Maison Blanche" ne supporte en fait aucune erreur de scénario, aucune entrave à son ambition d'expliquer _ d'expliquer vraiment_ la politique au plus grand nombre: quand on la regarde rétrospectivement il est clair que le choix de Josh comme personnage central (et vraiment "principal" dans les saisons 6 et 7) n'est en rien dû au hasard, que la série dictait ça depuis le tout début...
Pour comprendre il faut revenir un peu aux racines de cette série ainsi que sa plac dans l'histoire des séries télé. En 1999 une série de bureau réaliste s'inspire forcément d'"Urgences" et une comédie de moeurs ne peut pas éviter "Friends", même de loin. Contrairement à une série fantastique ou policière elle ne peut pas se permettre de se centrer sur deux ou trois personnages: elle doit être chorale. De même le sujet lui-même _la politique_ implique de voir à l'action une multitude de personnages dont certains très haut placés. Le problème est également de concilier sans métaphore intelligence et popularité: parler de tout, certes, mais de façon abordable et sans que ça parraisse forcé. Et au début de cette série seuls trois personnages peuvent prétendre à jouer ce rôle hautement schyzophrénique: C.J., Josh et Sam.
Comprenez bien ce que je vous dis: je n'ai jamais cherché à minimiser l'importance des autres personnages et surtout pas le Président mais je ne parle pas ici en terme de grades administratifs mais d'importance dramatique. Les personnages ont-ils tous une histoire, une personnalité marquée, des failles, des défauts, des qualités, suscittent-ils tous à un moment l'admiration? Oui. Le Président est-il le plus admirable de tous? Oui. Mais l'importance n'est pas dans l'énumération ou l'amoncellement de qualités humaines, pas ici: l'importance tient à la réponse donnée pour un enjeu double: être à la fois assez important, assez haut placé, assez "dans les coulisses", assez intelligent pour pouvoir intéresser les plus exigents ET être également assez humain, assez "faillible" pour guider le public néophyte. Et ces caractéristiques détaillées éliminent également C.J. de la liste: exposée dans son rôle d'attachée de presse mais infaillible en coulisses (ou presque) elle est trop "parfaite" pour ne pas lasser le spectateur sur la durée...
De façon plus précise disons qu'une série adressée à un public purement "intellectuel" aurait donné beaucoup plus d'importance au Président, à Léo ou à Toby: ce sont eux en-effet qui connaissent le mieux les rouages de la politique, qui gouvernent réellement le pays. Mais ce sont aussi des personnages qui manquent parfois d'humanité (Léo en particulier). De même ils se remettent très difficilement en question, tous, et dans le cas de Léo et Toby l'idéal n'est qu'un facteur parmi d'autres, sans parler de leur fâcheuse tendance à envoyer les autres au casse-pipe et surtout de ne pas les protéger quand ils font une erreur...
A contrario donner une place prépondérante à Charlie ou Donna aurait déçu le public en quête d'originalité: le travail de base dans une administration mondialement puissante serait passé pour un culte de la médiocrité et de nombreux sujets n'auraient été que très insuffisament traités...
Donc il fallait choisir: Josh ou Sam. Et c'est paradoxalement son évolution ultra-rapide qui a condamné l'idéaliste brillantissime Sam: le Président l'adoubant comme son successeur à moyen terme dans la saison 3 ce personnage avait atteint une maturité de vue et d'esprit que seul son grand coeur freinait encore. Ils ont donc utilisé ce grand coeur pour le faire intelligemment partir dans la saison 4 et laisser la place au complexé Josh. Ce personnage avait déjà séduit le public avec son humour macho et caustique, son intelligence totalement supérieure et sa fragilité intrinsèque venue de l'enfance qui le faisait parfois devenir le plus sentimental et le plus gentil de tous. Lunatique, un degré en-dessous de Toby, de Léo (qui est pour lui un véritable père de substitution) ou du Président il a néanmoins une importance et une connaissance des dossier bien supérieures aux "petites mains": il est calibré pour plaire à tout le monde (même si d'aucuns peuvent juger son caractère insupportable [mais c'est aussi ce qui fait son charme...]).
Le départ de Sam laisse un grand vide dans la série mais dès le début de la saison 5 Josh reprend le flambeau de l'idéaliste et on se rend compte qu'il l'a en fait toujours beaucoup été même si celui de son ami l'éclipsait; de même l'épreuve morale terrible qu'il subit et dont il se sort seul après avoir manqué d'exploser nous rapplle que dès le pilote il a manqué de se faire virer...alors qu'aucun n'aurait fait mieux qu'il n'a fait face à cette intégriste antisémite (Josh est juif, ne l'oublions pas). Au fil de ses coups de sang, parfois de son arrogance minable, il devient insidieusement le personnage qui obsède le plus l'esprit du spectateur et quand il prend définitivement son envol dans la saison 6 le public prend fait et cause pour lui, allant jusqu'à tout lui passer. Cet amour ne se démentira pas jusqu'au final et il était bien mérité!..
Car Josh aura servi de vinaigrette dans la salade que tout ce joli monde compose, il toujours été un point d'appui évident et de tous les personnages il est le seul _avec C.J._ qui apparrait dans TOUS les épisodes, même ceux qui ne sont pas du tout centrés sur lui, et sans lui, sans l'importance qu'il prend peu à peu de façon de plus en plus évidente, "A la Maison Blanche" n'aurait pas la même saveur: elle serait une série "ciblée" ou pire un documentaire déguisé. Josh a servi magistralement à éviter ces écueils ce qui en fait le personnage central, évidemment ...


Analyses

wella  (18.02.2013 à 19:41)

Je viens de découvrir ce topic et j'adore!

Tes commentaires sont très justes et très bien écrits, j'ai hâte de lire la suite!

Bonne continuation Sudena!


Sudena  (19.02.2013 à 03:12)

Grazie mile Wella: io continuo dunque...

 

 

 

Points communs de ces personnages: des caractères semblables...



En analysant de plus près ces personnages _en les "sortant" de leur série_ on peut voir un grand nombre de points communs, tant dans leurs qualités que dans leurs défauts. Petite énumération des plus visibles:


-des protecteurs: chacun à leur niveau, Buffy, Josh et Jack ont un instinct protecteur, parfois maladroit mais toujours sincère. Ils n'hésiteront jamais à affronter le danger, à aller en première ligne, pour défendre ce en quoi ils tiennent et/ou ceux qu'ils aiment (amis ou amoureux). C'est littéral pour Buffy quand elle se bat contre tous les monstres qu'elle croise mais ça peut aussi prendre une tournure plus indirecte quand elle prend parti pour quelqu'un contre ses propres amis; Josh aussi défend littéralement le président, Donna ou Matt Santos contre leurs ennemis mais aussi parfois contre ses propres amis; Jack mène un groupe qui est forcé à combattre et sa fonction de médecin le mène à protéger tout le monde mais il a aussi une foi qui le pousse à défendre un ami parfois contre tout le monde...

illustration: dans la saison 7 Buffy défend Spike contre Giles et tous les autres simplement parce qu'elle croit en lui; Josh, dans la saison 6, est plusieurs fois sommé par Léo de laisser tomber Matt Santos et de le pousser à se retirer de la course aus primaires mais il refuse: il ira jusqu'au bout avec lui parce que pour lui c'est l'homme qui doit être président, parce qu'il croit en lui; contre toute logique, contre l'avis de tous et sans être dupe Jack voue dans la dernière saison une confiance absolue à Hurley: il le suivra et l'appuira sans réserves.
A noter que dans tous ces exemples la foi de ces personnages est justifiée: leur instinct s'avèrera le bon et ce faisant tout franchissent le pas symbolique de se libérer de la pression sociale (qu'elle soit amicale, hiérarchique ou les deux) et de prendre leur véritable envol (oui oui, même pour Jack...).

-impulsifs: dans tous les épisodes ces personnages ont la réaction facile et violente, parfois vont trop loin sous l'emprise de la colère. On le voit entre autres lorsque Jack en vient aux mains avec Sawyer pour récupérer des médicaments (saison 1), que Buffy refuse de donner des explications sur ce qui s'est passé avec Angel à ses amis et s'en prend à eux (saison 3) ou que Josh, victime d'une crise de panique, s'entaille la main en casant une vitre après s'en être violemment pris à ses amis et ment à tous sur son état (saison 2). Cette impulsivité peut parfois aller jusqu'à leur faire commettre des actes parfaitement condamnables voire minables: Josh en vient aux mains et injurie Toby en plein bureaux (saison 6), Jack refuse de soigner le jeune Ben (saison 5), Buffy extermine froidement de pauvres vampires beaucoup plus à plaindre qu'autre chose et qui ne combattaient pas (saison 5). L'impulsivité et ses excès est une composante première des caractères de tous, de même qu'ils ont tous un vrai côté lunatique qui excite l'intérêt quotidien du spectateur: ils sont, chacun à leur niveau, capables du pire même si on peut toujours les comprendre...

-sensibles: outre le doute et la remise en question qui sont à la base même de leur construction dramatique (allant pour Buffy jusqu'à douter de sa propre réalité), ces trois personnages ont cet atout inégalable pour le public: un coeur énorme. Portant le poids du monde sur leurs épaules (littéralement ou presque pour Buffy et Jack, missionné volontaire pour Josh qui prend sur lui les erreurs de tout le monde sans aucun soutient), ils sont sujets à des coups de sentiments qui peuvent aller jusqu'à leur faire délaisser leur mission, à s'abandonner. Si tous le manifestent de manière différente le principe est le même _de même que son effet sur le public_ que Buffy tombe dans un état catatonique après l'enlèvement de Dawn (saison 5), que Jack se laisse guider et tabasser après son erreur funeste (début de la saison 6) ou que Josh laisse tout tomber pour aller au chevet de Donna, grièvement blessée dans un attentat (fin de la saison 5). A noter que ces abandons sont un effet direct de leur tendance à culpabiliser sur tout ce qui se passe. Et dernière chose sur ce sujet, comparativement aux autres personnages de leur série respective, Buffy, Josh et Jack pleurent beaucoup. Moins que Willow, C.J. et Kate mais c'est un fait à souligner: LA manifestation par-excellence de l'émotion, la plus visible, est plus courante chez eux que chez les autres personnages ce qui souligne leur immense sensibilité intrinsèque et la portée de leur grand coeur...

-de l'humour: s'ils avaient été totalement sérieux, sinistres, pesants, Bufy, Josh et Jack auraient vite paru "étouffants"; aussi ont-ils très rapidement été montrés comme étant capables d'une bonne dose d'humour. Certes c'est plus caché pour Jack vu le ton de la série et la place "objective" qu'il ocuppe ne lui permettent pas beaucoup de rire, mais les moments où il prend Sawyer à son propre jeu ont précisément une saveur particulière (en-particulier quand ce-dernier se plaint de maux de tête et qu'il se fait un plaisir de l'inquiéter...avant de poser un diagnostic d'une banalité hilarante), de même ce personnage a un don pour placer des phrases "souriantes" pour rassurer ses compagnons (en cherchant attentivement on voit qu'elles sont légion). Buffy et Josh ont clairement un sens de l'humour et de la répartie décapantes (même si ça s'estompe [beaucoup pour Buffy] à la fin de la série): le bon mot, la phrase qui tue font les beaux jours de pas mal d'épisodes. En fait la principale différence entre eux et Jack est que dans leur cas l'humour est plus "méchant" et donc plus visible, mais toutes ces séries étant différentes le poids d'un éclat de rire n'est pas forcément plus puissant que celui d'un sourire pour le spectateur qui la regarde...

-le sens du sacrifice: Josh prend totalement sur lui une erreur collective, intervient personnellement au risque de s'exposer pour protéger Donna, prend le risque de voir sa carrière se terminer en ralliant le camp de Bartlett puis de Santos (contre toute stratégie); Buffy va plusieurs fois au-devant de la mort dans des combats inégaux et va jusqu'à se suicider pour sauver sa soeur; Jack est prêt à se vider de son sang pour sauver Boone et il échange sa liberté contre celles de Kate et Sawyer: le point commun le plus évident de ces trois personnages quand on regarde leurs séries de façon plus globale est bien leur sens du sacrifice dans tous les sens du terme: leur bien-être personnel passe clairement après certaines choses (principes et/ou personnes) ce qui les rend admirables et exemplaires pour le public qui leur donne ainsi _même involontairement_ son coeur. A noter également que TOUS trouvent en fin de compte quelqu'un qui possède ce sens du sacrifice à un plus haut degré encore que lui (respectivement Sam, Spike et Sayid).

Maintenant que ces traits de caractères "flagrants" ont été évoqués passons à un autre aspect commun bien plus complexe et "piquant": leurs amours...

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Sonmi451 (23:13)

Profites bien tite.

Titepau04 (23:13)

Mais ouiiii !!! J'aime pas le froid!!!

Titepau04 (23:13)

Merciiii !

Sonmi451 (23:13)

Il fait pas hyper froid, il fait bon chez toi, ici fait encore chaud pour la fin novembre

Sonmi451 (23:14)

Moi j'adore, c'est le chaud que j'aime pas. lol

CastleBeck (23:14)

Sonmi : Ce n'est pas que tu n'as pas le temps, car si tu en avais réellement envie, tu trouverais de le temps

Sonmi451 (23:15)

On a pas le temps, on a un temps et c'est ce temps là qu'on a toujours mais on n'en connait pas sa durée et tout le problème est là.

CastleBeck (23:15)

Non, c'est oki aujourd'hui, mais j'aime ni le froid ni le chaud...

stanary (23:15)

Ah je comprends pas comment vous faîtes pour aimer le mauvais temps .

Sonmi451 (23:15)

Mais bien sur, j'ai toujours mon temps. ^^

Titepau04 (23:15)

Tu n'aimes pas le froid??? C'est dommage ça!!!

CastleBeck (23:16)

Un temps, le temps... Tout est question de déterminant tout ça

CastleBeck (23:17)

Le froid,c 'est pas du mauvais temps... Il peut faire froid et soleil...
Moi, j'aime le printemps et l'automne, j'aime pas l'hiver et tout ce qui s'y rapporte (sauf le hockey)!

stanary (23:17)

Non je déteste ça . Sonmi ton avant dernier message n'a aucun sens

Sonmi451 (23:19)

ha non c'est pas pareil le temps personne ne le tiens, c'est quelque chose qui nous fil entre les doigts mais on a tous un temps donné.

Sonmi451 (23:20)

Ca ne veut pas rien dire, c'est de la philo Star' nuance. ^^

CastleBeck (23:20)

Tout à fait d'accord. Il faut s'accorder un temps pour faire ce qu'on veut, comme danser sur la table de ton salon

Sonmi451 (23:21)

J'ai jamais dit que j'avais envie de danser sur la table. lol

CastleBeck (23:21)

Je sais!

Sonmi451 (23:21)

j'ai dit que le jour où on m'entend dire que je m'ennuie, j'irais danser sur la table ^^

Sonmi451 (23:21)

mais heureusement que je prends du temps pour moi hein ^^

stanary (23:22)

Et tu m'enverras la vidéo d'ailleurs ^^

CastleBeck (23:22)

Mais, tu vois, ici, il y a des gens qui prennent les conversations en plein milieu et qu'ils interprètent à leur façon!

CastleBeck (23:22)

(qui)

Sonmi451 (23:24)

Haaa ça je sais! lol

CastleBeck (23:25)

Sur ce, moi, il parait que je dois retourner travailler (et pelleter), alors je vous souhaite une excellente fin de soirée et une bonne nuit

stanary (23:26)

Bon courage au travail
Bonne nuit et bonne fin de soirée.

Sonmi451 (23:28)

Travailles-bien !

CastleBeck (23:29)

Merci

Sonmi451 (23:35)

Sur ce j'y vais aussi.

Titepau04 (21:41)

Nouveaux calendriers sur les quartiers NCIS Los Angeles, S Club 7 et Dr House!!! ^^

DGreyMan (21:47)

Nouveaux jeux, nouveau calendrier et nouveau sondage dans Game of Thrones. Merci d'avance.

leila36 (22:37)

Hohoho, venez admirer et commenter le nouveau design du quartier "Big Bang Theory". Vous n'allez pas le regretter.

emeline53 (22:43)

Le nouveau sondage de The Fosters vient d'arriver ! Venez nous dire ce que vous voulez comme cadeau de Noël

Sonmi451 (13:47)

Venez commenter les calendriers chez House, Scrubs, urgences et friends. Et au passage un petit vote pour les sondages sont les bienvenus, merci.

Profilage (20:16)

Bonsoir, un tout nouveau calendrier vient d'apparaitre sur les quartiers The 100 & Under the Dome. On vous attend !

carina123 (00:09)

Nouveaux calendriers et sondages sur les quartiers Lie to Me et Jericho, venez nombreux, merci. Bonne soirée à tous !

Sonmi451 (08:43)

Design' spécial noël sur Scrubs, on attend vos commentaires.

Chaudon (10:25)

Nouveau calendrier sur le quartier "Elementary" ! Donnez votre avis sur le quartier de la série !

Chaudon (10:31)

Nouveau sondage sur le quartier "Elementary" ! N'hésitez pas à venir voter sur le quartier et à donner vos avis sur le topic approprié !

Chaudon (10:49)

Votez dès maintenant pour la Nouvelle Photo du Mois du quartier "Elementary" !

arween (10:57)

Bonjour la citadelle ! Une grande animation vous attends sur The Night Shift, venez participer !

seriepoi (11:05)

Bonjour tout le monde ! Vous pouvez, si vous le souhaitez, venir sur le quartier "True Blood" pour commenter le (très) beau calendrier de décembre, fait par Sonmi. Merci par avance et bon dimanche à tous.

ObikeFixx (11:25)

Bonjour tout le monde! En plus du nouveau sondage, n'hésitez à venir découvrir le nouveau calendrier et la nouvelle photo du mois sur le quartier "The Last Ship"

Phoebus (14:15)

Bonjour tout le monde ! Il ne vous reste plus qu'une journée pour voter pour la voter de l'épisode 8x05 de The Vampire Diaries et pour participer à la review de cet épisode.

serieserie (16:44)

Inscrivez-vous vite pour la grande partie d'HypnoGame Arrow qui aura lieu dans 6 jours!! Rendez-vous dans les forums de l'accueil!!

arween (18:46)

Venez voir les nouveaux calendriers de The Night Shift (serie²) et Dollhouse (Xana).

emeline53 (19:24)

Seulement 2 persones pour commenter le design Noël de The Fosters ? Venez donner votre avis en plus, un sondage sur votre souhait de cadeau est en ligne !

stella (19:25)

Special spécial Noel sur le quartier Downton Abbey et sans oublier son calendrier de l'avent original

DGreyMan (22:40)

Bonsoir. Sondage dédié à "Game of Thrones" dans le quartier "Harry Potter"...

DGreyMan (22:40)

... ou le contraire ! ^^

serieserie (09:07)

Plus que quelques jours pour vous inscrire à la grande soirée HypnoGame Arrow dans les forums de l'accueil ou par MP!!!

arween (09:44)

Bonjour à tous ! Aujourd'hui nous lançons une toute nouvelle rubrique, les reviews. Rendez-vous sur la page HypnoReview ou à l'accueil pour plus d'infos Bonne lecture et bonne journée !

Titepau04 (09:49)

Bonjour !!!! Venez vous inscrire aux concours de Noël dans les quartiers de ncis Los Angeles et s club 7!!!
Et n'hésitez pas à commenter les calendriers au passage!!

cinto (11:39)

Fans de Dallas, Friends, Petite maison , Mission impossible, venez défendre votre série préférée chez Ma sorcière bien aimée: sondage "génériques"!

grims (16:47)

Coucou à tous ! une petite visite sur les quartiers Sons of anarchy, Outlander et Vikings serait sympa de jolis calendriers de Noël vous y attendent : ) merci d'avance pour votre passage

choup37 (17:13)

Calendriers aussi chez Kaamelott, Merlin, Doctor Who, Torchwood et Musketeers

choup37 (17:14)

(c'est super ces deux onglets pour alterner entre blabla et promo)

stella (19:34)

Case 5 du calendrier de l'avent de Downton Abbey vient d'être dévoilée.

Titepau04 (22:11)

Bonjour !!!! Venez vous inscrire aux concours de Noël dans les quartiers de ncis Los Angeles et s club 7!!!
Et n'hésitez pas à commenter les calendriers au passage!!
Et profitez-en pour voter sur le sondage ncisla!!!!

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